Empreinte militaire en Lorraine (10-2015) Pierre Labrude

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Les dépôts de munitions des anciennes bases aériennes OTAN de Mirecourt et de Damblain (Vosges).


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Auteur : Pierre Labrude


Les dépôts de munitions des anciennes bases aériennes n'ont pas beaucoup intéressé les chercheurs et les historiens militaires jusqu'à présent. Pourtant, ces infrastructures, tout comme les dépôts de carburants, sont indispensables au fonctionnement des forces aériennes en temps de crise ou de guerre. Aujourd'hui, alors que beaucoup de bases disparaissent par fermeture, abandon, voire destruction, les bâtiments de ces dépôts, situés le plus souvent hors des emprises de ces bases et fréquemment à l'abri dans des boqueteaux, ne sont pas susceptibles d'être démolis aisément car ils sont solides. Mais, s'ils n'ont pas été vendus, ils risquent d'être "oubliés" par leur propriétaire militaire et soumis à des occupations sauvages, dégradés et engloutis par la végétation.

Les dépôts des anciennes grandes bases dévolues à l'Armée de l'Air américaine comme Chambley-Bussières, Étain-Rouvres ou Chaumont-Semoutiers, sont très proches de leur périmètre, quelques centaines de mètres, et l'accès au terrain se fait par une route particulière qui prend naissance dans la base, la clôture étant commune avec celle de la partie principale de la base. En d'autres termes, la base et son dépôt ne font qu'un. La situation n'est pas identique dans les deux bases canadiennes : à Grostenquin, un dépôt existe à l'intérieur même de l'emprise entre les deux marguerites Est destinées au stationnement d'aéronefs, cependant qu'à Marville le dépôt est très proche mais son accès nécessite de sortir de la base et de la contourner partiellement[1].

La situation dans les deux bases OTAN implantées dans le département des Vosges : Mirecourt-Juvaincourt et Damblain, est identique à celle de Marville.

LA BASE DE MIRECOURT[2]

Mirecourt, situé à peu près au centre du département, possédait un passé aéronautique au moment où, après la Seconde Guerre mondiale et au début de la Guerre froide, une base aérienne y est créée ex nihilo, sous ce nom, à partir de terrains expropriés sur les bans de plusieurs communes avoisinantes, Juvaincourt et Puzieux en particulier. C'est le village de Juvaincourt qui a donné son nom habituel aux installations : la "base aérienne de Juvaincourt"[3]. Un terrain d'aviation avait été créé dans la même zone pendant la Première Guerre mondiale et abandonné peu après, cependant qu'en 1939 et jusqu'au repli de l'Armée française en juin 1940, des bâtiments de l'hôpital de Ravenel avaient abrité le parc d'aviation 3/121[4].

Figure 1 : Une vue aérienne de la base de Mirecourt en 1970 (photographie IGN).

La plate-forme de Mirecourt-Juvaincourt, primitivement prévue pour constituer une base opérationnelle, a disposé successivement de deux dépôts de munitions, mais leur réalisation n'a pas été très simple. En effet, au tout début du projet, en 1952, un boqueteau est acquis spécialement en vue de sa construction. Appelé "Bois des Rappes", il est contre la base, au niveau de sa route d'accès et à peu de distance des deux marguerites qui sont situées de ce côté. La route qui conduit au parking dit "marguerite B" le traverse. Situé sur la commune de Puzieux et d'une superficie dépassant 6 hectares, ce boqueteau est acquis en 1953, avec prise de possession le 28 décembre de cette année, pour une somme légèrement inférieure à 6 millions de francs[5]. Le 29 juillet 1954, au cours de la réunion du Comité d'infrastructure de l'OTAN qui décide du déclassement de la plate-forme pour en faire un terrain de secours, la question du dépôt est évoquée : il ne se trouverait qu'à 315 mètres du parking B, si bien que la réalisation de merlons de protection apparaît nécessaire. Rectangulaire et entouré d'une route périphérique, il est constitué de trois parties, elles-mêmes rectangulaires et séparées par une route, une grande, une moyenne et une petite. Sa route d'accès communique directement avec le parking B. Le plan que j'ai eu entre les mains ne mentionne aucune construction. Son coût est évalué à 35 millions de francs : 23 pour les routes et 13 pour les alvéoles et les abris[6]. Pour des raisons qui ne figurent pas dans les nombreux dossiers que j'ai pu consulter, mais qui tiennent peut-être à la grande proximité de son emplacement par rapport à la base et à cette marguerite, ce dépôt n'est pas réalisé. Il ne me semble pas que le changement de statut de l'infrastructure soit responsable d'une modification majeure du projet car les dépôts des bases opérationnelles, comme par exemple Toul-Rosières, Étain-Rouvres ou Marville, ne sont pas fondamentalement différents de ce qui a été ultérieurement construit pour la base de Mirecourt. Ce qui varie est le nombre des bâtiments.

La construction des infrastructures aéronautiques de la base a lieu entre le printemps et l'automne de l'année 1953. Elle conduit à la réalisation d'un dépôt provisoire de munitions, encore appelé "dépôt d'alerte", que les dossiers ne mentionnent pas et qui n'est pas celui du "Bois des Rappes", mais qui figure dans un plan-masse de 1957[7]. Il se situe tout à côté de la marguerite ouest, encore nommée "parking A", à son côté Est et proche des quelques baraquements qui sont construits. Il comporte onze emplacements situés de part et d'autre d'une allée incurvée, cinq du côté ouest et six de l'autre, répartis asymétriquement et jamais face à face, l'ensemble étant clôturé. D'après ce plan, chaque emplacement semble constitué d'un bâtiment rectangulaire qui est peut-être un "igloo" selon la terminologie OTAN, entouré de merlons sur trois côtés[8]. Le dépôt de Grostenquin lui est comparable. Il ne subsiste rien aujourd'hui de ce premier ensemble et je n'ai pas pu jusqu'à présent connaître l'époque de sa construction ni de sa destruction.

Figure 2 : Le dépôt de secours et d'alerte de Mirecourt[9].
Figure 3 : Une vue aérienne du dépôt de secours et d'alerte, en bas et à droite de la photographie (photographie IGN).

Le second dépôt est certainement plus récent et il se situe en dehors de la base, plus éloigné d'elle que l'ensemble initialement prévu dans le "Bois des Rappes". Il est réalisé à la suite d'une décision ministérielle du 9 juillet 1956 demandant une étude à l'arrondissement Air des Ponts et Chaussées d’Épinal. Cinq projets sont déposés en novembre avec le coût prévisionnel de chacun : "Bois des Rappes" une nouvelle fois, Domvallier, "Bois du Franquillon" (en bout de piste, à l'Est), "Grand Bois de Repel" et "Bois Pralet". C'est ce dernier site qui est retenu car le projet est le moins coûteux, 142 millions de francs de l'époque[10]. Le dépôt est donc camouflé dans le "Bois Pralet", à gauche de la route départementale 14 qui relie les villages de Totainville et d'Oëlleville, peu après Totainville et à quelques kilomètres à l'ouest de la base. C'est l'entreprise Joseph Cracco de Mirecourt, qui faisait partie du consortium constructeur de la base, qui réalise ce dépôt en 1961 pour la somme de 1,4 million de nouveaux francs[11].

Au bord de la route, un emplacement permet le stationnement de plusieurs véhicules. Le panneau "Terrain militaire, base aérienne de Mirecourt,…" est encore en place, ainsi qu'une barrière. Une piste forestière aujourd'hui empierrée mais qui a pu être goudronnée, conduit à une enceinte autrefois clôturée et comportant à droite de son entrée un bâtiment à usage de poste de police et de logement[12] et un poste d'électricité. De belles allées (figure 5), encore partiellement goudronnées, joignent les installations.

Figure 4 : Le bâtiment d'entrée du dépôt (photographie P. Labrude, 2012).
Figure 5 : Un chemin de liaison entre les installations (photographie P. Labrude, 2012).

Ces allées, au nombre de quatre, parallèles, goudronnées et bordées d'un fossé, dessinent un losange bien visible sur les photographies aériennes. Les bâtiments en dur sont au nombre de six : trois abris bétonnés en V renversé et trois bâtiments classiques comportant plusieurs parties. Les abris, ou "igloos", sont fermés par une porte métallique blindée[13], certainement à ouverture électrique vu sa masse, et renferment une vaste salle hémicylindrique, qui dans certains cas est prolongée par une petite pièce de même disposition[14]. Ce sont les mêmes constructions que celles présentes dans les dépôts de l'US Army comme Le Rozelier près de Verdun[15]. Un bâtiment "classique" est présent (figure 9). Des merlons séparent les constructions.

Figure 6 : La porte d'un igloo (photographie P. Labrude, 2012).
Figure 7 : L'intérieur d'un igloo (photographie P. Labrude, 2012).
Figure 8 : Les igloos du dépôt du Rozelier (photographie Capitaine Baudelot, via M. Parisot).
Figure 9 : le bâtiment "classique" présent sur le site (photographie P. Labrude, 2012).

En dépit de son âge et de son abandon par l'Armée, l'ensemble a encore belle allure. Il est utilisé par des chasseurs, et ceci permet une certaine préservation des lieux, dont il faut se réjouir.

LA BASE DE DAMBLAIN

L'histoire de la base de Damblain[16]est à écrire. Elle appartient comme celle de Mirecourt à ce qui a été appelé la "troisième tranche" de construction des bases aériennes de l'OTAN. Réalisée dans les mêmes moments que celle-ci, elle devait primitivement, selon MacAuliffe[17], devenir une base de l'United States Air Force in Europe et abriter des unités de chasse sous le nom de "base de Neufchâteau", en dépit du fait que Damblain est assez éloigné de cette sous-préfecture des Vosges. Mais Neufchâteau est plus connu que Damblain…

Ce choix de lieu et de dénomination n'étonne pas quand on sait que l'Armée des États-Unis a occupé de nombreux sites dans la région et dans ces communes au cours de la Première Guerre mondiale, Damblain étant l'une d'entre elles[18]. Par ailleurs, le village possède une histoire aéronautique puisque des parcelles ont été acquises par l’État à partir de 1936 en vue de la création d'un terrain d'aviation[19]. Celui-ci est en usage dès le 2 septembre 1939 en accueillant successivement le groupe de bombardement II/12 auquel il ne convient pas et qui rejoint Orléans, puis le groupe de chasse I/2 qui y séjourne du 14 mai au 13 juin 1940.[20].

En définitive, ce projet de base aérienne américaine ne se réalise pas, sans doute pour des raisons d'éloignement par rapport à des villes d'importance suffisante et donc de difficultés prévisibles pour le logement des familles.

Damblain, dont l'emprise n'est pas uniquement dans le département des Vosges, mais dont un sixième environ se trouve dans celui de Haute-Marne[21], devient donc une base de secours (figure 10) bien que certains éléments présents dans les dossiers des Archives d’Épinal en fassent plutôt une base de dispersion.

Figure 10 : la base de Damblain en 1979 (photographie IGN).

Ceci est en partie corroboré par le fait que l'Armée de l'Air ne s'en dessaisit pas en 1967 - à la différence de Mirecourt -, qu'elle fait l'objet de travaux, par exemple la plantation de peupliers et la réalisation de merlons à des fins de camouflage dans la décennie 1980 et même de projets de construction d'installations élaborées qui ne sont finalement pas réalisées. L'aliénation de la plate-forme intervient par une décision ministérielle du 26 avril 2005[22], la base étant achetée par le Conseil général du département des Vosges en vue d'en faire un site logistique[23], projet qui a conduit à la destruction de la plupart des infrastructures que l'Armée de l'Air ne pouvait pas récupérer et réutiliser, et à la réalisation de voies d'accès et d'un embranchement ferroviaire. Ce projet n'a malheureusement pas abouti jusqu'à présent.

Initialement, et comme pour Mirecourt, le dépôt de munitions doit être construit tout près de la base, dans la forêt qui se trouve le long de la route départementale 139, à quelques centaines de mètres de l'entrée principale, ainsi qu'en témoigne un plan conservé aux Archives à Épinal[24]. Le dépôt apparaît rectangulaire et identique à celui du projet initial de Mirecourt. Les terrains qu'il doit occuper se trouvent en Haute-Marne. Ce projet ne connaît pas de réalisation, peut-être comme celui de son homologue, parce qu'il est trop proche des installations aéronautiques.

C'est une décision ministérielle du 20 février 1961 qui conduit à la construction du dépôt que nous connaissons. Mais des difficultés avec l'entreprise bénéficiaire du marché, déclarée en faillite en fin d'année, conduisent au choix d'un nouvel entrepreneur, donc à du retard, et aboutissent aussi à une augmentation significative du coût des travaux. Le dépôt n'est achevé qu'en mai 1965 pour une somme dépassant légèrement 163 millions de l'époque[25]. Aucun plan ne figure dans le dossier que j'ai pu consulter à Épinal.

Le dépôt est construit à quelques kilomètres de la base, dans le "Bois de la Petite Manche", en Forêt de Morimond, au bord de la départementale 429, entre Lamarche et Fresnoy-en-Bassigny, dans le département des Vosges. Son accès et sa disposition avec quatre allées sont proches de ceux de Mirecourt (figure 11).

Figure 11 : une vue aérienne du dépôt de Damblain (photographie IGN).


Il comporte un poste de garde, un poste d'électricité (figure 12), trois igloos similaires à ceux de Mirecourt mais en meilleur état et moins recouverts de végétation (figure 13) avec éventuellement deux volumes (figure 14) et deux bâtiments classiques (figure 15), comme il en existe un à Juvaincourt.

Figure 12 : le poste d'électricité (photographie P. Labrude, 2012)
Figure 13 : un "igloo" (photographie P. Labrude, 2012).
Figure 14 : la seconde "pièce" d'un igloo (photographie P. Labrude, 2012.
Figure 15 : un des bâtiments classiques (photographie P. Labrude, 2012).

Lors de la visite que j'ai pu effectuer sur le site en octobre 2012 avec un représentant du Conseil général des Vosges, le terrain avait été récemment transformé et aménagé comme pour en faire une piste de moto-cross. À l'exception des igloos, les bâtiments étaient en très mauvais état. Il apparaît donc que le site, dont quelques photographies sont présentées ci-dessus, ne sera bientôt plus aisément identifiable.

En conclusion, ces dépôts très mal connus, très fréquemment oubliés des chercheurs, et dont les emplacements mêmes sont souvent ignorés, constituent encore actuellement des traces tangibles de la présence d'une base aérienne à proximité. Mais la disparition de celles-ci entraîne aussi l'abandon de ces annexes de faible surface, cachées dans les forêts et dont la plupart des rares bâtiments sont difficilement utilisables. Aussi convient-il de les recenser et de les photographier pendant qu'il en est encore temps afin d'en conserver un souvenir précis.

NOTES

  1. MacAuliffe J.J., U.S. Air Force in France 1950-1967, Milspec Press, San Diego (CA 92110), 2005, p.167 (Chambley-Bussières), 220 (Chaumont-Semoutiers), 284 (Étain-Rouvres), 444 (Grostenquin) et 450 (Marville).
  2. Labrude P. et Faliguerho A., Une base de secours de la période d'intégration à l'OTAN : Mirecourt, souvent appelée Mirecourt-Juvaincourt (1952-1967), en ligne sur ce site.
  3. (figure 1)
  4. Cursan S., Dray J.-F. et Goujon A., Ravenel et ses occupants imprévus 1939-1945. L'hôpital psychiatrique de Mirecourt dans les Vosges pendant la Seconde Guerre mondiale, Édition Agami et Association Le Frontstalag 120, Paris, 2014, p. 49-59.
  5. Archives départementales des Vosges (AD Vosges), 1000 S 836.
  6. AD Vosges, 1000 S 835.
  7. "Aérodrome de Mirecourt, plan de masse", Ponts et Chaussées, Epinal, numéro 366, 15 février 1957. Archives de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, document A. Faliguerho.
  8. (figures 2 et 3)
  9. "Aérodrome de Mirecourt, plan de masse", Ponts et Chaussées, Épinal, numéro 366, 15 février 1957. Archives de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, document A. Faliguerho.
  10. Service historique de la défense, Vincennes, 50 E 36818 (Levaillant A., Rousseau D., Gallien P. et Beylot M., Direction de l'infrastructure de l'Air 1945-1994, répertoire numérique détaillé de la sous-série 50 E, Armée de l'Air, Service historique, 2003, p.206).
  11. Archives de l'entreprise Joseph Cracco, rapport de présentation d'activité, Société routière et de dragage de l'Est, Charmes (Vosges), document communiqué à l'auteur par Mademoiselle Leroy, septembre 2012.
  12. Figure 4.
  13. Figure 6.
  14. Figure 7.
  15. Figure 8.
  16. Levaillant A. et al, op. cit., p. 170.
  17. MacAuliffe J.J., op. cit., p. 22-23.
  18. Henry M.R. et Pavlovic D., United States Marine Corps in World War I 1917-1918, Osprey Military, Men at arms series n° 327, Osprey Publishing Ltd, Oxford (UK), 1999, p. 14. Il existe des camps d'entraînement pour les Marines dans les Vosges (Blévaincourt, Damblain) et en Haute-Marne (Breuvannes, Bourmont, Dampierre).
  19. Atlas historique des terrains d'aviation de France métropolitaine de 1919 à 1947, www.developpement-durable.gouv.fr/atlas-historique-des-terrains-d.html, consulté le 29 septembre 2015.
  20. Galmiche A., La Seconde Guerre mondiale, http://antoine.galmiche.free.fr/JG/DATA/Avia25.html, consulté le 12 octobre 2015.
  21. Reconversion du patrimoine militaire désaffecté en Lorraine, Mise en oeuvre du projet régional d’accompagnement des restructurations de la défense 1998-2008, Établissement public foncier de Lorraine, Pont-à-Mousson, 2009, p. 31, disponible en ligne (epfl.lor). La base présente une surface de 302 hectares dont 248 dans les Vosges et 54 en Haute-Marne. Un cinquième environ de la piste, un quart environ du taxiway, un morceau du parking, l'entrée habituelle et la zone-vie se trouvent dans ce département. Il y existait quatorze petits bâtiments, métalliques (Fillod) ou en dur.
  22. Projet de loi de finances pour 2006 : Défense-Forces aériennes. p. 21 : décision ministérielle du 26 avril 2005 (avec décalage d'une ligne dans le tableau). Disponible en ligne (http: www.senat.fr/rap/a05-102-6/a05-102-66.html).
  23. http: www.blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/22/une-plate-forme-logistique-a-damblain-dans-les-vosges
  24. AD Vosges, 1000 S 836.
  25. AD Vosges, 59 W 40.