Empreinte militaire dans les provinces de l'Est (projet)

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Le projet Empreinte militaire dans les provinces de l'Est, mis en œuvre depuis 2009, est destiné à rassembler et promouvoir de nouvelles recherches sur toutes les formes d'inscriptions matérielles et immatérielles liées à la présence des armées en Lorraine depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours.

Le projet, porté par le Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire, est soutenu par le Conseil régional de Lorraine, le Conseil général de Meurthe-et-Moselle, le Conseil général de la Meuse et la Fondation du Patrimoine, les villes de Marsal et de Wissembourg ; il a pour objectif de mettre à disposition du public des articles et études, de la bibliographie et des renseignements archivistiques.

Présentation générale

La Lorraine et le Grand Est ont été fortement marqués au cours des siècles précédents par une importante présence militaire liée à la présence de frontières omniprésentes et mouvantes. De la Meuse à la Lauter, du développement des fortifications bastionnées à la disparition des bases et casernes militaires, l’empreinte militaire se décline de multiples manières pour être encore visible ou non. Elle se traduit par des empreintes variées, encore facilement lisibles ou non, par des traces matérielles inscrites dans les matériaux et les paysages urbains et non-urbains, par des traces immatérielles qui ouvrent le champ du témoignage et de la mémoire.

Les travaux présentés et librement accessibles s'intéressent à l’ensemble des vestiges de ce passé militaire, tant aux paysages, aux fortifications et aux bâtiments, qu’aux réseaux de communication, aux destructions et reconstructions, aux monuments et vitraux, aux reconversions de sites, etc. Il s’agit d’offrir à un large public les travaux de spécialistes, historiens et géographes, sur des questions liées à un patrimoine militaire qui constitue un élément fort de l’identité spatiale et historique de l’espace lotharingien depuis plusieurs siècles, à un moment où la restructuration des armées entraine une redéfinition du patrimoine militaire récent.

En effet, depuis la disparition du « rideau de fer » et l’ouverture des frontières, nous assistons à la redéfinition du rôle et de la place des armées dans l’espace lorrain, véritable rupture - à présent en grande partie achevée - dans une région fortement marquée par une présence militaire dense depuis les débuts de l’époque moderne. Cela s’est traduit par la disparition de certaines unités, le départ d’autres de villes jusque là qualifiées de « villes de garnison », laissant ainsi un patrimoine conséquent destiné à des restructurations ou à la destruction. Le cas de casernes (à Thionville, à Nancy et ailleurs également) est assez emblématique de cette évolution. Pourtant, il ne s’agit là que de marques relativement contemporaines du passé militaire de la région lorraine. En effet, au XVIe siècle, dans un contexte délicat pour le territoire lorrain entre France et Empire, et alors que se forgent progressivement des armées permanentes, on assiste au développement de diverses « empreintes » au gré des mouvements de frontières, de la Meuse à la Sarre. La mise en place de fortifications bastionnées, parfois aujourd’hui disparues (par exemple La Mothe) constitue un type d’empreinte marquante, dont les prolongements lointains sont le système Séré de Rivières, les Feste allemandes et la Ligne Maginot. Bien d’autres traces existent : d’anciens arsenaux, bâtiments d’intendance, dépôts, écoles militaires, manèges, etc. Parfois, la configuration de l’espace d’une ville s’explique également par une forte présence de l’armée (par exemple ces quartiers « américains » de Verdun, de Bar-le-Duc et ailleurs, le développement urbain de Metz également).

La région a également connu de nombreuses guerres, d’où des traces multiples dans les paysages, comprenant entre autres d’anciens camps de prisonniers, des reconstructions (villages, sanctuaires par exemple), des espaces forestiers marqués, des sites « témoins », des vitraux, des cimetières, des plaques commémoratives, des monuments. Le panel des types d’empreinte est très vaste car il comprend également tout ce qui relève du témoignage, pictural, écrit et oral. La notion d’empreinte peut d’ailleurs être déclinée jusqu’aux outils de production, qui ont été un temps tournés vers une production liée à la guerre (des fours à chaux par exemple), jusqu’aux voies de communications développées en liaison avec des aspects stratégiques (certains canaux, des routes).

Les principaux axes de recherche

Le projet s'articule autour de quatre principaux axes de recherche, qui cherchent à allier entre autres les analyses d'historiens et de géographes.

Un paysage militarisé : frontières, systèmes de défense et appropriation de l'espace

Cette entrée permet d'aborder les diverses inscriptions spatiales de la présence des troupes et des armées au fil des siècles et des fluctuations frontalières. Y sont abordés les divers systèmes de fortification (du bastionnement à la Ligne Maginot), les divers outils de lecture de l'espace par les militaires (cartes par exemple) et le développement des réseaux de communication destinés à la mise en défense du territoire.

L'armée en ville

Les armées ont privilégié l'implantation dans les centres urbains, ce qui s'est traduit par la multiplication des infrastructures (casernes, bâtiments de commandement, etc) et un espace urbain soumis à des contraintes diverses dans son développement : voilà ce que propose l'entrée proposée.

Paysages de guerre, paysages transformés

La guerre a engendré de nombreuses transformations, tant dans l'espace bâti que non bâti. Des articles liés à cet angle d'analyse ont pour objet de scruter les types d'aménagement liés à l'acte guerrier de même que les paysages des reconstructions suite aux conflits. Le devenir patrimonial de ces lieux est également interrogé.

Mémoires

Armée et guerre : voici un couple qui a laissé de nombreuses traces mémorielles dans nombre de régions et particulièrement en Lorraine. Il s'agit ici d'observer les paysages de la mémoire et des mémoires, au gré de conflits, dans une perspective critique sur les démarches mémorielles.

Contributions

Le projet fonctionne de manière pérenne dans le temps et est destiné à s'enrichir au gré des demandes et des offres de contribution. Toute personne ayant le désir de participer à ce projet scientifique peut entrer en contact avec Laurent Jalabert, enseignant-chercheur à l'Université de Lorraine (laurent.jalabert@univ-lorraine.fr).


Les partenaires du projet Empreinte militaire dans les provinces de l'Est
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CRULH Conseil régional de Lorraine Conseil général
de Meurthe-et-Moselle
Conseil général de la Meuse Ville de Marsal Ville de Wissembourg Label Mission centenaire