Biennales Durkheim / Mauss 2012 Épinal

De Wicri Lorraine
Aller à : navigation, rechercher

Les deuxièmes Biennales Durkheim / Mauss se déroulent à Épinal, les 19 et 20 octobre 2012. Elles sont organisées par la Société d’émulation du département des Vosges et le Laboratoire lorrain de sciences sociales (2L2S) de l’Université de Lorraine

Présentation des biennales

Suite au Colloque international « Émile Durkheim, une jeunesse lorraine » qui a eu lieu du 28 au 30 mai 2008 à l’occasion du 150e anniversaire du père de la sociologie française, la Société d’émulation du département des Vosges et le Laboratoire lorrain de sciences sociales ont décidé de poursuivre leur collaboration en organisant des biennales Durkheim / Mauss à Épinal.

Partant de l’origine géographique commune de l’oncle et du neveu, les biennales d’Épinal n’ont pas pour objectif d’accueillir des travaux d’érudition concernant les théories d’Émile Durkheim et de Marcel Mauss, mais invitent à puiser dans l’œuvre considérable qu’ils ont laissée, en croisant les regards disciplinaires, notamment ceux de la sociologie et de l'ethnologie française dont la paternité leur est reconnue.

Aussi sont-elles centrées sur une thématique – un « fait social » – que l'héritage durkheimien et maussien nous permet d’expliquer. Les premières biennales qui se sont déroulées les 25 et 26 juin 2010 ont porté sur la question du travail ; elles ont donné lieu à la publication récente d’un ouvrage rassemblant 35 contributions[1].

Thème des deuxièmes biennales : Société, cultures et religion

Le centenaire de la parution de Les formes élémentaires de la vie religieuse d'Émile Durkheim[2] nous invite à interroger le triptyque « Société, cultures et religion » qui est au cœur de l'ouvrage. Bien avant leur publication, Émile Durkheim tout comme Marcel Mauss s'intéressent à la religion en ce qu’elle est « une chose éminemment sociale »[3]. La perspective sociologique consistant à traiter des phénomènes symboliques en portant l'analyse sur leur caractère collectif est clairement durkheimienne. Définir, par ailleurs, la religion comme « un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale […] tous ceux qui y adhèrent »[4], c'est proposer un modèle d'analyse de la croyance collective, comme le souligneront successivement Marcel Mauss, Levi-Strauss, puis Pierre Bourdieu, applicable, au-delà de la croyance religieuse, à l'étude des systèmes culturels en général. Aussi dans la voie tracée par Émile Durkheim et Marcel Mauss, les deuxièmes biennales s'intéresseront-elles à la question de l'étude des conditions pratiques de « l'efficacité symbolique ».

Atelier n°1 – Politique, représentations et émotions : les formes de construction du lien social

Il s'agit, au-delà de l'étude (datée) du totémisme des tribus australiennes sur laquelle repose la démonstration d'Émile Durkheim, d'explorer la pertinence contemporaine des modes de construction du lien social qu'il dégage de l'analyse du culte religieux[5] et de la manière dont il engage le corps des participants. L'étude de l'articulation des représentations collectives avec les émotions qui s'opère par l'intermédiaire des rites, l'analyse des formes de construction d'un sentiment d'appartenance collective par l'expérience individuelle de l'efficacité esthétique d'une croyance constituent un aspect encore vivant du livre de Durkheim, qui intéresse aussi bien la sociologie politique que l'histoire culturelle et l'anthropologie culturelle. Interroger la pertinence et l'actualité de cette œuvre de Durkheim ouvre ainsi sur le plan théorique à la reprise de la question de la magie, telle qu'elle a été reprise et approfondie par Marcel Mauss, de l'Esquisse d'une théorie générale de la magie[6] aux Techniques du corps. Au plan pratique, elle appelle la confrontation d'études contemporaines de chercheurs en histoire sociale et culturelle, en sociologie de la culture, en anthropologie politique sur la question de la construction et de la transmission des émotions.

Atelier n°2 – Les pratiques religieuses aujourd'hui : tradition et modernité

Dans la mesure où elle a pu être facilitée par la diffusion de la sociologie durkheimienne, la reconnaissance contemporaine, dans les sociétés démocratiques, de la notion de « culture religieuse » nous situe au cœur des enjeux de l'étude des pratiques religieuses aujourd'hui. Dans un contexte de globalisation qui favorise, par l'intermédiaire de l'immigration et de la « diaspora des publics », la confrontation entre différents modes de socialisation, « traditionnels » et « modernes », cet atelier privilégiera les travaux empiriques de chercheurs en sciences de l'éducation, psychologie sociale, sociologie sur la transmission de la culture religieuse en Europe.

Atelier n°3 — Consommation culturelle et pratiques artistiques : l'expérience du spectateur

La reprise et l'approfondissement de l'œuvre d’Émile Durkheim par Marcel Mauss, ainsi que ses propres travaux, l'ont conduit à esquisser conjointement une anthropologie de la technique et une anthropologie du don aujourd’hui reconnues comme des outils d'analyse de la modernité culturelle. Cet atelier sera consacré à l'exploration des aspects émotionnels de la consommation culturelle et la manière dont l'œuvre de Durkheim, reprise et approfondie par Marcel Mauss, peut aider à mieux cadrer la démarche du chercheur, en réintroduisant la prise en compte de la dimension corporelle de l'expérience esthétique dans l'analyse des formes de sacralisation de cette expérience. Cet atelier sera l'occasion de discuter les observations — par des sociologues, mais aussi des ethnologues et des historiens de l'art — de situations artistiques innovantes, notamment dans les arts du spectacle.

Modalités pratiques

  • Les propositions de communication prendront la forme d’un résumé de 3000 signes maximum (espace compris) en faisant figurer le titre de la communication, le nom, l'appartenance institutionnelle et une adresse email.
  • Date limite de soumission : le 2 mai 2012
  • Remise du texte final : le 21 septembre 2011 (longueur maximale de 35 000 signes, espaces compris)
  • Les deuxièmes biennales feront l’objet d’un ouvrage collectif.

Le comité scientifique (composition provisoire)

Le comité d’organisation

Voir aussi

Notes

  1. Jacquot L. (sous la dir.) avec la collaboration de Kraemer C., 2011, Travail et dons, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, coll. « Salariat et transformations sociales ».
  2. Durkheim E., 1991 [1912], Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, Librairie Générale Française.
  3. Idem, p. 52.
  4. Durkheim E., 1991, op. cit., p. 109.
  5. Vidal D., 2008, « Emile Durkheim, les formes élémentaires de la vie religieuse », Archives de sciences sociales des religions, n°144, pp. 188-274.
  6. Hubert H., Mauss M., 1904, « Esquisse d’une théorie générale de la magie », L’Année sociologique, n°7, pp. 1-146.