Roland de Lattre (1840) Mathieu/Ode/XII

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Roland de Lassus
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Roland de Lattre
Orlando Lassus, from J.J. Boissard, Yale.jpg
Roland De Lattre Page 0.png
Cette page introduit la neuvième partie d'un poème rédigé par Adolphe Mathieu, à la gloire de Roland de Lassus. Pour voir :

 

Roland De Lattre Page 0 et 1.png

La suite du poème

Partie XII


Mais non, plus d'avenir pour moi, plus d'espérance !
Plus rien que la mort qui m'attend,
Plus rien que du mépris la froide indifférence ....
Plus rien qu'un reproche insultant !

Et seul, déshérité de mes vœux éphémères,
Toujours plus à plaindre et plus seul,
Attrister de sanglots et de larmes amères
Ces draps qui seront mon linceul !

M'éteindre ! et ne laisser après un si beau songe,
Après tant de jours triomphants,
Pas un nom qui ne soit un lâche et vil mensonge....
Pas un aieul à mes enfants !

Mieux pourtant vaut la mort, la mort qui nous sépare,
La mort, cet éternel adieu,
Qui, le moment venu, de notre âme s'empare
Et la jette aux pieds de son Dieu !

O recevez, Seigneur, dans vos mains paternelles
Cette âme qui se cherche encor,
Délivrez-la, Seigneur, de ses peines charnelles,
Laissez-la prendre son essor !



Hier encor, je disais (pardonne à mon délire
Ce rêve d'immortalité !) :
« Consacrons tout entier aux accords de la lyre,
Hélas! ce qui m'en est resté;

Obéissons enfin à la voix qui m'appelle !
Et tant de labeurs accomplis,
Laissons avec les soins pressants de la Chapelle
Tous ceux dont mes jours sont remplis !

Que l'art seul désormais occupe mes pensées ! ... » -
Et, sans attendre au lendemain,
Ces lignes, que mes pleurs avaient presque effacées,
S'échappaient de ma faible main ....

Comme ce conquérant sur la plage ennemie
Brûle ses vaisseaux dans le port,
Je ne conservais rien, que cette lyre amie....
Qui manque à mon dernier transport ! »


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