Roland de Lattre (1840) Mathieu/Ode/XI

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Roland de Lassus
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Roland de Lattre
Orlando Lassus, from J.J. Boissard, Yale.jpg
Roland De Lattre Page 0.png
Cette page introduit la neuvième partie d'un poème rédigé par Adolphe Mathieu, à la gloire de Roland de Lassus. Pour voir :

 

Roland De Lattre Page 0 et 1.png

La suite du poème

Partie XI


Revoir cette église modeste
Où coulaient mes premiers beaux jours, (J)



Contempler encor ce qui reste
De cette coupole céleste
Que le temps démolit toujours ;

Le jubé d'où ma voix si fraîche
S'élançait comme un vol d'oiseau,
La tant vieille chaire où l'on prêche
Le dieu qui naquit dans la crêche
Et tient un sceptre de roseau ;

Retrouver l'humble sacristie
D'où puisant l'encens et le sel,
J'allais chercher la sainte hostie,
Et venais à l'Eucharistie
Entonner l'hymne universel ;

Ces lieux si chers où mon jeune âge
Se prit si souvent à rêver,
Et ces amis du voisinage
Que dans mon long pélerinage
J'ai cru si souvent retrouver !

Avec eux, une fois encore,
— Réveillés avant le matin, —
Gravir ce mont que fait éclore



La douce blancheur de l'aurore,
Plus beau que le Mont-Aventin ; (K)

Ce mont Panisel dont la chaîne
A l'Est borne notre horizon,
Et dans la campagne prochaine
S'étend, comme un énorme chêne .
Devant le seuil d'une maison ;

Où bien souvent ma main lutine,
Parmi les branches du sureau,
A travers l'herbe et l'églantine,
Avec une adresse enfantine,
Dénichait l'humble passereau.

Eden de ma vie, où mon âme
S'ouvrit à Dieu qu'elle implorait,
Quand son nom, comme un saint dictame,
Sur moi fit descendre une flamme,
Une flamme qui m'inspirait,

Qui m'inspirait de saints cantiques
Pour le louer et le bénir; —
Accords dignes des temps antiques,
Qui, dans mes rêves prophétiques,
Semblaient planer sur l'avenir !


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