Roland de Lattre (1840) Mathieu/Ode/X

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Roland de Lassus
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Roland de Lattre
Orlando Lassus, from J.J. Boissard, Yale.jpg
Roland De Lattre Page 0.png
Cette page introduit la dixième partie d'un poème rédigé par Adolphe Mathieu, à la gloire de Roland de Lassus. Pour voir :

 

Roland De Lattre Page 0 et 1.png

La suite du poème

Partie X


« Bords riants de la Trulle, ô plaines fortunées ! (B)
Berceau de mon enfance, où je reçus le jour ;
Où, d'un ciel tout d'azur douces fleurs couronnées,
Si calmes ont passé mes premières années,
Ville si chère à mon amour ;

Mons, ô toi qui m'aimais, ô ma seule patrie ! (C)
Où mon père repose auprès de nos aïeux;
Si riche de ton sol et de ton industrie, (D)
Toi qu'en mourant j'invoque avec idolâtrie,
Toi vers qui se tournent mes yeux ;



O murs concitoyens, ô cité maternelle,
Du Brucque, à son art parlant en souverain,
Rend aux siècles vieillis leur splendeur solennelle,
Et sculpte des héros la mémoire éternelle
Debout dans le marbre ou l'airain; (E)

Où des temps primitifs interrogeant l'histoire,
DE GUYSE, peintre immense, a transmis jusqu'à nous,
Dans leurs jours de défaite et leurs jours de victoire,
Ces preux qui, pour sauver notre saint territoire,
Mouraient sans ployer les genoux; (F)

Où d'ALBE, promenant le meurtre et l'incendie,
Mesura son triomphe au sang qu'il a versé.... (G)
Mais qui renais enfin, sous les coups agrandie,
Comme, au premier soleil, plus belle et reverdie,
La plaine où l'orage a passé ;

Buisseret, rendant sous sa plume savante
Un sens aux livres saints mal lus et mal compris,
Fait éclater du Christ la parole vivante
Et rallume, aux éclairs de son âme fervente,
La foi, ce soleil des esprits; (H)

Bouzanton, séchant des larmes orphelines,
Inaugure au malheur ses toits hospitaliers ; (I)



Où jaillissent à flots mille ondes cristallines,
Du temple de Waltrude aux Sœurs Apostolines,
Du Béguinage aux Écoliers ;

Et que domine au loin, de son front séculaire,
Comme un géant debout à l'Orient vermeil,
La tour immense et svelte, au flanc quadrangulaire,
Qui, des vents déchaînés conjurant la colère,
Veille d'en haut sur ton sommeil !

O toi qui m'accueillis, meurtri par la tempête,
Souriant, pauvre mère, à mes premiers accents,
Et dressas une couche où reposer ma tête,
Et m'endormis enfant par un doux chant de fête,
Bercé dans tes bras caressants ;

Comme en ces jours enfuis de ma blonde jeunesse,
En cet avril si pur d'affronts contagieux,
Si, le matin, avant que le soleil renaisse,
Je pouvais dans tes murs, sans qu'on me reconnaisse,
Porter mes pas religieux ;


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