Roland de Lattre (1840) Mathieu/Notes

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Roland de Lassus
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Roland de Lattre
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Cette page introduit les notes relatives à l'Ode à Roland de Lassus


 

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Les notes


Note A

Appelée dans la partie VIII

Le jeudi de la Féte Dieu, en 1584, un violent orage, accompagné d'une grosse pluie, éclata sur Munich. Le duc Guillaume voyant que la procession, où devait se trouver l'évêque d'Eichstaedt, ne pourrait sortir de Saint-Pierre, ordonna que l'on avancerait l'ostensoir jusque sous le porche de l'église, en psalmodiant le chant prescrit par le rituel. Mais à peine de Lattre, à la tête de la chapelle ducale, eut-il commencé le motet : Gustate et videte quam suavis sit Dominus timentibus eum, que la pluie cessa tout-à-coup et que le soleil reparut. La procession se mit en marche. — Le peuple cria au miracle et regarda de Lattre comme un être divin. — On remarqua qu'une nuée épouvantable creva peu après la rentrée de la procession, et que, pendant la marche, chaque fois que de Lattre et ses chanteurs répétaient le motet, le soleil resplendissait de tout son éclat, tandis qu'il semblait se cacher lorsque les chants cessaient. Dès lors, ce motet fut adopté pour les processions qui avaient lieu à l'effet d'obtenir du beau temps.

Note B

Appelée dans la partie X

C'est le nom qu'on donnait alors à la petite rivière qui, par corruption, s'appelle aujourd'hui la Trouille.

L'Ardante ou flamboyante colomne de tous les
Pays-Bas, autrement dict le XVII provinces.
Page 98. (1 vol. obl. avec cartes.Amsterdam,
Iacob Colom. 1656.)
Etc.... etc....

Ceci répond à une critique de l'Indépendant.

Note C

Appelée dans la partie X

Si Rome est redevable de ses premières lois aux conférences mystiques de Numa et de la nymphe Egérie, la capitale du Hainaut doit sa renaissance (1) à la fervente intimité de Waudru, fille de Walbert, 5e. comte de Hainaut,


(1) L'existence d'une ville, bâtie sur l'emplacement du Château-Lieu, dans la forêt charbonnière (le Hainaut), et détruite par les barbares, sur la fin du quatrième siècle, est une supposition si obscure et si peu importante, que nous l'admettons volontiers sur le dire de nos anciens chroniqueurs.

avec un pieux personnage qui a laissé son nom à la petite ville de Saint-Ghislain. On montrait encore, il n'y a pas bien long-temps, l'entrée d'un souterrain par lequel notre fondatrice communiquait au 6e. siècle avec ce saint catéchumène. (1) Le peuple, toujours avide de mystères, accourut en foule aux lieux qu'illustraient nos deux thaumaturges, et Mons, déjà entouré de remparts, était en 8o4, sous Albon Ier., la principale ville du pays et la capitale du comté de Hainaut. Le monastère fondé par Waudru, qui jus- qu'alors avait été gouverné par une abbesse, entra à cette époque sous la domination des comtes de Hainaut, qui prirent bientôt après le titre de comtes de Mons. Ces comtes rendaient la justice au nom du souverain. Si, comme le prétend Eginhard, le puissant Charlemagne ne savait pas même signer, on ne peut révoquer en doute que les comtes de Hainaut possédassent, sous ce rapport, toutes les qualités nécessaires pour le représenter dignement; il est vrai que la justice de ces temps était moins embrouillée que la nôtre. En compensation, la plupart des délits se rachetaient à prix d'argent, comme cela se voit encore quelquefois aujourd'hui, et dans les affaires criminelles un peu obscures, la prestation de serment suſfisait pour faire pencher la balance en faveur de l'accusé, du moment qu'il se trouvait un certain nombre de témoins pour jurer avec lui. C'est ce qui nous valut, assure-t-on, la visite des Normands, déjà désireux de s'instruire dans d'aussi belles institutions.Lorsque les partis opposaient serment à serment, et que les épreuves au fer ardent, à l'eau froide, à l'eau bouillante, et autres amémités judiciaires de l'époque, paraissaient insuffisantes, on s'en rapportait chrétiennement aux Jugements de Dieu, dont l'infaillibilité ne le cédait alors en rien à ceux de notre saint-père le pape. Les dissentions fréquentes et les débats longs et sanglants dont Mons fut si souvent le théâtre sous ses anciens comtes, nous paraissent, ainsi que l'invasion des Huns et des Normands, d'une trop faible importance pour que nous ayons à nous en occuper dans une simple mote. D'ailleurs toutes les histoires de villes se ressemblent, et les premiers matériaux sont toujours les mêmes : on doit successivement au fanatisme et à la superstition, la fondation des églises et des monastères; à la crainte ou à l'ambition féodale, la construction de ces tours, de ces forte- resses, de ces portes massives, dont les débris existaient encore chez nous il y a quelques années; enfin, aux progrès du commerce et de l'industrie, les


(1) On a beaucoup parlé des miracles opérés par Waudru avant et après sa mort; nous n'en citerons qu'un posthume : en 86o le comte Albon II, à la suite de quelques démêlés avec les chanoinesses, jura que le lendemain il les mettrait à leur place; ces femmes pieuses eurent recours à leur bienheureuse patronne, et le lendemain le comte n'existait plus !

chemins, les canaux, les digues, les ponts et les ateliers. La noblesse et le clergé ont cherché partout à abrutir le peuple et à le fortifier par des aumônes humiliantes dans ses habitudes de fainéantise si favorables aux empiétements du pouvoir. Faiblement resserrés par l'énergie nationale, ces deux colosses attiraient tout pour tout dévorer. Loin de refluer vers le peuple, leurs richesses allaient s'enfouir dans les caveaux d'un donjon ou d'un monastère ; on les consacrait à des plaisirs ruineux ou à l'entassement d'une masse de pierres élevées pour la plus grande gloire de quelque Saint inconnu ou de problématique mémoire. Le peuple courbé sous ce double licou, abâtardi par la misère et l'ignorance, semblait me compter pour rien dans la balance du pouvoir. Laissons à leur obscurité cette tourbe de tyrans au petit pied, d'au- tocrates secondaires, et si l'histoire en exhume quelques-uns, que ce me soit que le petit nombre de ceux qui par leurs vertus ou par leurs actions ont cherché à alléger les maux de la patrie dans ces jours d'abaissement et d'esclavage. Le reste de nos annales nous offrira assez de motifs d'être fiers du sol qui nous a vus maître.

Note D

Appelée dans la partie X

« Mons, au 16e. siècle, atteignait, dans tous les genres, à son plus haut point de splendeur : les manufactures de draps et de serge étaient en tel nombre, qu'à l'heure de la sortie des ouvriers, les rues devenant trop étroites, le son du beffroi arrêtait momentanément la circulation des voitures. — Nulle part on ne travaillait le fer avec plus de dextérité. — La probité scrupuleuse de nos orfèvres, les progrès qu'ils avaient fait faire à la ciselure, inspiraient aux étrangers autant de confiance que d'admiration ; plusieurs rues habitées par ces artisans, semblaient les riches galeries d'une mine de métaux précieux. »

Paridaêns. Mons. pp. 54 et 55. — Archives de Mons, Registres du conseil de ville et autres pièces. — De Boussu.Lemayeur, etc.

Alors le culte des arts était en vénération parmi nous, alors florissaient la plupart de nos compatriotes dont l'histoire a gardé le souvenir.

Note E

Appelée dans la partie X

Jacques du Brucque, ou Dubreucq, architecte et sculpteur, né à Mons. Il acheva le jubé de Ste.-Waudru, commencé par un Italien. On a de lui, dans cette église, trois bas-reliefs représentant la Résurrection, la Flagellation et le Portement de la Croix ; plus, les Trois Vertus Théologales et les Trois Vertus Cardinales, figures en albâtre.

Van Dyck, son ami, qui l'a trouvé digne de son pinceau, l'a placé dans le recueil de ses portraits avec cette inscription : Jacobus Dubreucq architectus Montibus in Hannonid.


Note F

Appelée dans la partie X

(F) Jacques de Guyse, frère mineur de l'ordre de St.-François, docteur en théologie, auteur des Annales du Hainaut, (Annales Hannoniae, seu chro- mica illustrium principum Hannoniœ, ab initio rerum usquè ad annum Christi, 139o). Un abrégé de cet ouvrage, traduit en français vers 1446, par Jean Lessabé (qui l'entreprit d'après l'ordre de Philippe-le-Bon, comte de Flandre, par l'entremise et à la sollicitation de Simon Norkart, clerc du baillage de Hainaut et conseiller du Duc), fut imprimé in-folio, à Paris, chez Galliot-Dupré (1531-1532). (1)

M. le marquis de Fortia d'Urban en a publié une traduction complète en 15 volumes in-8°., plus deux volumes de tables (avec le texte en regard), d'après un manuscrit in-folio décrit par le père Lelong et existant à la bibliothèque du Roi à Paris. (Fournier, 1826-1837.) Cette édition est enrichie de figures qui imitent les miniatures du manuscrit, ainsi que de notes, de dissertations, d'annotations et de préfaces où le traducteur a fait preuve d'une rare sagacité.

Jacques de Guyse naquit à Mons dans la première moitié du 14e. siècle, d'une famille distinguée en tout temps, comme il le dit lui-même, par sa position et les charges dont elle fut revêtue.

Avant de s'inscrire au premier rang de nos historiens et de s'occuper des sciences communes et matérielles (grossas atque palpabiles), il avait en- seigné successivement, pendant près de 25 ans, la philosophie, la théologie et les mathématiques. — Notre bon Franciscain, qui savait comment se font les livres durables, employa près d'un quart de siècle à la composition de ses annales; encore le temps lui manqua-t-il pour les terminer. Il mourut, vers sa 65e. année, le 6 février 1399 (alors 1398), à Valen- ciennes, et y fut inhumé dans l'église des Récollets, vis-à-vis l'autel de la Vierge, où Nicolas de Guyse, un de ses descendants, lui fit élever un tom- beau en pierre bleue du pays, qui le représente tenant un livre à la main , avec cette inscription : Chy gist maistre Jacques de Guyse, docteur et frère mineur, auteur des Chroniques du Hainaut, qui trespassa l'an mil trois cent nonante huict, le sixiesme de février; priez Dieu pour s' âme. On a sur lui une autre épitaphe composée par lui-même en vers latins.

Note G

Appelée dans la partie X

Le 12 novembre 1515, fut inauguré dans nos murs, comte de Hainaut, le puissant Charles-Quint, qui changea la face de l'Europe et imprima une forme nouvelle à son système politique. Mons était alors dans toute sa

(1) Cette traduction ne va que jusqu'à l'année 1258. Jean Lefevre a continué ce travail et l'a poussé jusqu'en 153o.


splendeur, et ce dominateur des mations le maintint constamment calme et heureux, au milieu des calamités et du bouleversement des états voisins. Mais hélas! ce sort prospère ne devait pas être de longue durée, et bientôt un tigre altéré de sang, satellite plus furieux encore que son maître, Albe de Tolède enfin, puisqu'il faut l'appeler par son nom, arrive dans nos murs avec un brandon enlevé au dernier auto-da-fé de Madrid, encombre les cachots, les dégorge au moyen des échafauds, et semble vouloir massacrer la nation en masse, sans doute pour forcer l'histoire à oublier des forfaits qui cependant ne lui sont pas tous échappés.

La mort de Charles-Quint avait ouvert les Pays-Bas aux nombreux sectateurs de Luther et de Calvin, qui s'y étaient impatronisés à la faveur du changement de gouvernement. Déjà Lille, Tournay et Valenciennes s'étaient convertis aux réformateurs. Nos compatriotes, soit par conviction, soit par politique, soit enfin par la force de l'habitude, étaient restés fidèles au culte de leurs pères, et tenaient un asile ouvert coNTRE les ennemis de la religion et du Roi.

Mais en vain pour s'opposer aux progrès des nouvelles doctrines et forcer les prédicants à se retirer, le successeur de Charles-le-Quint, par réglement en date du 2 novembre 1555, avait-il déclaré les étrangers inhabiles aux emplois dans le Hainaut; en vain par un arrêté du 25 août suivant, oRDoNNA- T-oN de tuer les nouveaux sectaires, non-seulement impunément, mais encore AvEc HoNNEUR, comme l'on fait un ennemi commun de la patrie et grassateur public. — Et cette ordonnance était en vigueur dans la ville de Mons, qui 234 ans plus tôt ouvrait ses portes aux Juifs chassés de France par Philippe-le-Long (qui les avait préalablement dépouillés), et affectait à leur habitation spéciale cette même rue des Juifs encore existante aujour- d'hui : sublime exemple d'humanité et de tolérance religieuse! — Ces me- sures paraissaient encore insuffisantes pour résister aux empiétements du calvinisme et du luthéranisme ; c'était par des flots de sang que la cour de Madrid voulait calmer l'effervescence populaire, et le duc d'Albe est lâché sur les Pays-Bas avec une armée de dix mille hommes.

Il débarque à Anvers le 22 août 1567. Marguerite de Parme, depuis neuf ans gouvernante-générale des Dix-sept provinces, obtient sa retraite, et d'Albe y organise, dès son arrivée, le conseil des troubles, autrement dit le conseil de sang.

Le prince d'Orange et tous ceux qu'on appelait alors les rebelles, déclarés criminels de lèse-majesté, sont contraints d'évacuer les Pays-Bas, et le duc d'Albe ordonne des prières publiques, mon pas en expiation de ses


crimes, mais en action de grâces de ses horribles succès. On pourrait dire de lui ce qu'on a dit naguère de l'infame Trestaillons :

Missionnaire armé, dont le Pape lui-même N'accusa jamais la lenteur.

En effet Pie V lui dépêcha des ambassadeurs chargés de le congratuler et de lui offrir de sa part un chapeau et une épée enrichie d'or et de pierreries. Ce dernier présent lui fit comprendre assez qu'il restait encore du sang à répandre et des villes à ravager. Le monstre, dans son ambition, ne mit plus de bormes à ses vertiges d'atrocité; il se fit élever à Anvers un superbe monument qui semblait le représenter debout sur les ruines de notre malheureuse patrie. Il voulut un dixième sur la vente des biens mobiliers, un vingtième sur celle des immeubles, et enfin un centième, une fois donné, sur ces deux espèces de biens. Les États assemblés s'opposèrent à l'imposition du dixième; mais les remontrances devenant inutiles, des députés furent envoyés en Espagne, pour porter au pied du trône les réclamations de tout un peuple.

D'Albe qui, jusqu'alors, n'avait pas cru devoir dissimuler ses projets, feignit d'accorder une amnistie à la majeure partie des rebelles; il promit l'oubli du passé et le pardon des injures. Mais rien déjà ne pouvait plus le soustraire à l'exécration dont il était l'objet. Mons et les autres villes regorgeaient des sbires du tyran, les États avaient perdu leurs priviléges, des tailles énormes pesaient sur le peuple, et les exactions du duc avaient rendu insupportable le joug de sa tyrannie. Le besoin de s'y soustraire semblait par moments confondre les croyances, et tous les partis se réunis- saient pour le maudire. — De nouveaux députés se rendirent à Madrid. — En 157o, les huguenots, sous la conduite de Bauduin de Gavre, baron d'Incy, s'étant rendus maîtres de Cambrai, Louis de Berlaimont, archevêque du diocèse, vint avec son chapitre se réfugier à Mons. — Cependant la voix du peuple m'avait pas été écoutée et le fatal réglement sur la perception du dixième et du vingtième denier avait été publié en cette ville, le 4 septembre 1571.

Les huguenots ou les Gueux (c'est ainsi que le comte de Berlaimont avait appelé les citoyens véritablement amis de leur patrie; ils voulurent garder ce nom, qui est aujourd'hui leur plus beau titre de gloire), les huguenots, commandés par Lumay, comte de la Marche, s'étaient emparés du port de Brielle, le 1er. avril 157o; plusieurs villes leur ouvrirent ensuite


leurs portes, et cette première étincelle de l'esprit public fut le signal d'un vaste incendie. -

Louis de Nassau se rendit maître de Mons, le 24 mai 157o, par un strata- gème qui mérite d'être rapporté : Antoine Pinter et quelques autres de ses partisans pénétrèrent dans la ville le 23, déguisés en ouvriers brasseurs. Le lendemain, de grand matin , ils se présentèrent à la porte de France pour en sortir. Ils massacrèrent le portier, et le prince Louis entra dans Mons avec soixante hommes de cavalerie seulement. Jean de Hangest, sei- gneur de Genlis, vint bientôt l'y joindre avec six cents autres cavaliers qui avaient chacun un fantassin en croupe. Ces mots, toujours entendus : Vengeance et Liberté ! réveillèrent en sursaut les habitants. L'audace et le courage des huguenots suppléaient à leur nombre. Ils s'emparèrent de l'hôtel de ville et se rangèrent en bataille sur la Grand'Place. Mons fut pris avant d'avoir eu le temps de songer à sa défense.

Cette nouvelle fit sur le duc d'Albe l'effet d'un coup de foudre. Impatient de ressaisir sa proie, il décida le siége de la ville ; ses troupes vinrent camper à Bélian, la veille de la St.-Jean, et l'attaque commença. On prétend qu'il accusa long-temps les habitants d'avoir été d'intelligence avec le prince d'Orange.

— Par décret en date du 18 juin 1572, Philippe II transféra dans la ville d'Ath, les assemblées des États, les siéges de justice, le baillage et la haute-cour; il déclara nuls tous jugements, décrets et actes de justice, faits ou à faire à Mons, durant l'occupation de cette ville par les rebelles. — Le siége de Mons fut de longue durée ; un combat s'engagea à Jemmapes et un autre à Harmignies, entre les soldats du duc d'Albe et ceux du prince d'Orange, qui venaient au secours de la place. Tous deux furent sans résultat pour le siége. — C'est pendant ce temps que Charles IX, le grand musicien et l'habile chasseur, organisait les massacres de la St.-Barthélemy, et des fenêtres de son palais, présidait, en y participant, à l'assassinat d'une partie de ses sujets. —

Mons, privé de secours, fut enfin forcé de capituler le 19 septembre. Il ouvrit ses portes au duc d'Albe, après avoir échangé des ôtages, garants de la foi des traités. — En commémoration de cet événement, on institua une procession qui se fit annuellement le jour de la St.-Mathieu, jusqu'en 1691. — -

Cependant l'heure approchait où l'atroce plénipotentiaire de Philippe II allait enfin succomber sous le poids de ses crimes; Philippe sentait la néces- sité de briser bientôt l'instrument de sa tyrannie, et Don Louis de Requesens


fut nommé pour remplacer le duc d'Albe, en 1574. Despote adroit et hypocrite, Philippe méconnut le sang dont un monstre subalterne s'était gorgé par ses ordres : j'accorde, lui dit-il, lorsque ce dernier gisait sur le lit de mort, j'accorde de vous avoir établi gouverneur général de mon pays de Flandre, AvEC CERTAINEs INsTRUCTIoNs; si vous en avez abusé, ce n'est pas à moi, mais à vous seul que la charge en demeure ....

Et le lâche exécuteur de tant d'homicides mourut à Lisbonne, désavoué de son maître, dans les convulsions du remords et du désespoir. Il avait alors 74 ans. Don Louis, son successeur, était entré à Bruxelles le 17 novembre 1574. Son gouvernement fut assez doux ; il fit ôter la statue de bronze que le duc d'Albe s'était érigée dans la citadelle d'Anvers, et par- vint à captiver l'amour du peuple. Mais il n'eut pas le temps de réparer tout le mal qu'avait fait son prédécesseur. Il mourut le 5 mars 1576, et le gouvernement des Pays-Bas fut confié au Conseil d'État. .. ... ... .. . .

Note H

Appelée dans la partie X

Buisseret ou Busseret (François), d'abord évêque de Namur, puis archevêque de Cambrai, naquit à Mons en septembre 1549. Il mourut à Valenciennes le 2 mai 1615 et fut inhumé à Cambrai. Il étudia à Lille, obtint le canonicat à Cambrai et fut député à Rome près de Sixte-Quint, par le Concile provincial tenu à Mons, dans l'église de Sainte-Waudru, en 1586. Il remplit successivement les fonctions d'Oſficial, d'Archidiacre, de Doyen, de Grand-Vicaire et de professeur de droit canon — à l'université de Paris. C'est à lui qu'on doit l'érection de l'école dominicale, établie sur l'emplacement de l'ancienne halle aux draps; il y fit bâtir une chapelle. — Rien n'égalait ses soins pour l'instruction de la jeunesse, et il composa, entre autres ouvrages, le catéchisme du diocèse. Ce prélat vertueux et éminemment distingué, homme de foi, de science et d'érudition, fut un de ceux qui combattirent l'hérésie avec le plus de zèle, de logique et d'élo- quence. On assure qu'il avait déjà été désigné en 1598 pour occuper le siége archiépiscopal de Cambrai, mais qu'il avait refusé d'y monter par excès d'humilité. Il n'en prit possession qu'en 1615, après avoir été pendant treize ans évêque de Namur.

DE BoUssU, Histoire de Mons; CARPENTIER, Histoire de Cambrai; VALÈRE-ANDRÉ et GUILLAUME
GAzET, Bibliothèque belgique ; N. DE GUYsE, BRAssEUR, DELEwARDE , HossART,... etc.

Note I

Appelée dans la partie X

Louise de Bouzanton, veuve en premières noces de Jean de Hornu et en secondes noces de Philippe du Jardin, receveur-général des États


Elle fonda, le 2o janvier 1562, l'hospice des Orphelins, qui fut établi sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de Bavière.

Note J

Appelée dans la partie XI

L'ancienne église de St.-Nicolas fut entièrement détruite par les flammes en 1664, et rebâtie aux frais des paroissiens quelques années plus tard.

Note K

Appelée dans la partie XI

De Lattre avait fait un voyage à Rome vers 1541, et séjourné près de deux ans dans cette ville.

Note L

Appelée dans l'épilogue

Cette pièce devait être lue à la séance publique de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, — du 16 avril 1838. Un exemplaire en a été adressé par l'auteur, avec une lettre d'accompagnement, à chacun des membres de l'Administration communale de Mons. En voici l'accusé de réception :

Nº. 4,929.

Mons, le 18 septembre 1838.

Monsieur,

Nous avons reçu, avec votre lettre, datée du 6 de ce mois, 17 exemplaires du poème que vous avez publié sur notre illustre compatriote Roland de Lattre; nous les remettrons à la prochaine réunion aux membres du Conseil communal, à qui vous avez bien voulu les destiner.

Veuillez, monsieur, recevoir nos remerciements et nos félicitations sur le talent avec lequel vous avez traité un sujet bien digne sans doute d'exciter l'intérêt des Montois.

Le vœu émis, dans les beaux vers de ce poème, de voir ériger une statue à la mémoire du grand artiste qui les a inspirés, est noble et légitime, mais l'administration, en présence des pressants besoins matériels auxquels elle doit d'abord satisfaire, ne peut, quant à présent, disposer des fonds néces- saires pour le réaliser. Cependant les intérêts majeurs qui réclament tous ses soins ne lui font pas perdre de vue les encouragements que méritent les beaux-arts et la reconnaissance qui est due à ceux qui s'y sont illustrés.

Elle espère donc pouvoir un jour acquitter aussi cette dette et prouver à ses concitoyens qu'elle s'associe au vœu que vous avez si bien exprimé; elle ne négligera rien quand le moment opportun sera arrivé, pour qu'il ne reste pas stérile. -

Recevez, monsieur, l'assurance de notre parfaite considération.

PAR LE CoLLÉGE,     Le Bourgmestre,
Le Secrétaire,
 
Dque, SIRAUT.
A. DEMARBAIX.

Note M

Appelée dans l'épilogue

Il existe à Mons, près de l'église de St.-Nicolas en Havré, une méchante ruelle, une espèce d'impasse, dont le nom mal orthographié offre cependant beaucoup d'analogie avec celui de notre illustre compatriote; — ce qui prouverait que nos pères savaient enregistrer leurs titres de gloire et conserver, un peu mieux que nous, tout ce qui peut contribuer à l'illustration de la cité.