Ados, billon, planche de labour : les mots

De Les Mots de l'agronomie
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Auteur : Pierre Morlon

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Article accepté le 27 janvier 2020
Article mis en ligne le 27 janvier 2020



Introduction

« Dans le labour en planches de plusieurs toises, le milieu est plus élevé que les deux côtés ; ce milieu s’appelle à-dos, parce qu’il y a deux sillons adossés l’un contre l’autre. Ce labour se fait avec la charrue à simple versoir assujetti ; ainsi, l’on ne peut retourner dans la même raie, lorsqu’on est au bout ; il faut en ouvrir une autre en tournant à droite au bout de la première, c’est ce qui forme l’à-dos. On continue de tourner toujours à droite, lorsqu’on est arrivé aux deux extrémités de la planche qu’on forme. Quand elle est de la largeur que l’on désire, on en recommence une autre ; en sorte qu’il reste, comme on voit, deux raies vides aux deux côtés de cette planche ; souvent on en forme plusieurs à la fois, à la volonté du charretier. Dans les planches larges seulement de quelques pieds, l’à-dos est très élevé & les côtés fort bas : ces espèces de planches étroites s’appellent billons, ou simplement sillons ; on ouvre aux deux côtés de ces billons deux raies profondes, pour faciliter l’écoulement des eaux : on se sert pour cela de la charrue à double versoir. On est obligé de labourer de cette façon les terres humides, & qui conservent longtemps les eaux à leur superficie. » (Préservatif contre l’agromanie, 1762 : 81-82.).
« Les terres destinées au blé se sillonnent par billons de quatre ou de six raies, ou traits de charrue. » (Bibliothèque Britannique, 1796, t. 1 : 133.).
« « … labourer en à-dos, ou sillons … former les billons ou à-dos. » (Pictet de Rochemont, 1801 : 137 & 151.).

Dans certains textes des siècles passés, les mots ados, billon, planche et sillon] sont synonymes, dans d’autres non ; en tous cas, leurs acceptions se recouvrent. Cet article tente de préciser les emplois des trois premiers de ces mots, sillon méritant un article à part. Il ne traite que des modelés du sol liés, dans l’histoire de l’Europe, aux labours en traction attelée, et pas des champs bombés ou surélevés dans d’autres régions du monde, comme ceux que l’on trouve dans toute l’Amérique tropicale, seulement évoqués dans une annexe. Un autre article traitera des aspects agronomiques.

Voyons-les par ordre chronologique d’apparition dans la littérature en agricole.

Planches : plates ou bombées ?

« … ferez le dessaing de voz planches, & des chemins entre icelles si longs & si larges que faire pourrez … Et faut observer que vous puissiez ajamber & estendre voz bras de costé à autre de la largeur de vos planches : & quant voz chemins d’entre icelles auront deux pieds de largeur, sera bien assez » (Estienne, 1565, chap. 5 Le labour du jardin potager.).
« PLANCHE (…) Se dit encore en matière de jardinage, d'un petit espace de terre plus long que large, que l'on cultive avec soin pour y mieux faire venir des fleurs, des légumes & des herbages, Une planche de tulipes, d'anémones, une planche de pourpier, de chicorée, d'asperges, d'artichauts. » (Académie française, 1694.).
« PLANCHES, terme de Jardinage. Ce sont des espaces de quatre pieds de large avec un sentier d'un pied entre deux, qui composent les carrés d'un jardin potager » (Alletz, 1760, t. 2 : 230.).

Par analogie avec une planche de bois, planche désigne depuis le Moyen-âge les subdivisions rectangulaires séparées par d’étroits chemins dans un jardin potager.

Apparu plus tard, labourer en planches, c'est labourer un champ à plat, tout en le divisant par des rigoles ou raies parallèles pour faciliter l’écoulement de l’eau en excès lors de fortes pluies.

Fig. 1 : Coupe d’un labour en planches (Casanova, 1861 : 101)

A priori, une planche, c’est plat (fig. 1) ! « Si vous labourez à plat & en planches des terres humides, n'oubliez pas de pratiquer au milieu de la planche un sillon plus profond que les autres, qui reçoive les eaux » (Diderot, 1751 : 186) ; « on appelle labour en planches le sol dont la superficie, labourée à plat, est divisée en bandes allongées (parallélogrammes) d'égale largeur, à peu près planes, séparées par des rigoles. Avec les avantages sus-énumérés des labours à plat, cette méthode a sur la première, celui de mieux égoutter la terre et de pouvoir y employer à la fois plusieurs charrues qui font chacune leur planche. » (Picard, 1844 : 120).

Mais, au moins depuis le début du XVIIIe siècle, on en décrit de bombées, plus hautes au milieu : « Pour ce qui est de la terre dont le tuf est fort profond, & où l’eau qui tombe en abondance est aussitôt imbibée, j’estime que l’on peut faire des planches de la largeur de huit, neuf à dix pieds, & que le milieu soit quelque peu plus élevé que les deux extrémités, afin de donner à l’eau des pluies abondantes, plus de facilité de s’écouler » (Angran de Rueneuve, 1712 : 144 ; id., in Liger & B, 1721 : 526) »  ;« Les terres du Haut-Gâtinais retiennent l’eau, ce qui oblige les Fermiers de labourer par planche, & même de n’ensemencer que la partie la plus élevée des planches » (Duhamel du Monceau, 1750 : XIX) ; « A l'égard des terres fortes qui boivent l'eau, on peut les labourer en planches larges de huit à dix pieds, mais dont le milieu doit être plus élevé (…) il faut avant cela exhausser & bomber le sommet des planches autant qu'on pourra  » (Alletz, 1760, t. 1 : 614 & 665). Pourquoi ne pas nommer ados ou billons ces planches bombées, comme le suggère Picard (1844) : « Il faut les faire plus ou moins larges, selon que le sol est plus ou moins frais ; plus ou moins bombées, selon qu'il y a plus ou moins de terre, et que les plantes qui y seront placées demandent un sol plus ou moins profond. Elles rentrent alors dans les labours en billons » ?

L’expression « en ados » peut décrire une forme de planche (ou de billon ou sillon) : « … tout bon économe doit essayer de faire labourer ses terres par larges planches, & avoir soin que ces planches soient bien formées en ados ; en faisant creuser les raies très profondément, il donnera un égout suffisant aux eaux, & il gagnera du terrain. (Duhamel du Monceau, 1779 : 138). En jardinage aussi, Alletz (1760, t. 2 : 230) parle de planches en ados, avec le sens horticole d’ados : « Les planches en ados sont celles qui sont fort élevées d'un côté & vont de l'autre en s'abaissant en pente ; cette pente doit être vers le Midi. … c'est sur ces planches … qu'on sème ou qu'on plante toutes les plantes potagères ».


Ados (ou à-dos) : deux objets sous le même nom.

« ADOS se dit de la terre qu’on a élevée en talus le long de quelque mur bien exposé, afin d’y semer pendant l’hiver et le printemps quelque chose qu’on veut avancer plus qu’il ne serait en pleine terre (…), la réflexion du soleil échauffant ces talus comme si c’était de véritables murailles ; on fait aussi des élévations en dos de bahut dans les terres qui sont froides et humides, (…) pour en corriger le défaut et procurer plus de bonté à tout ce qu’elles produisent. » (La Quintinie, 1690 : 67.).

Ce texte est d’une grande clarté, une fois précisé par l’explication « Dos de bahut, ou dos-d’âne, élever de terre en dos de bahut, c'est-à-dire, élever des terres en forme presque ronde sur leur longueur, pour faire égoutter les eaux qui les pourraient gâter. Voyez ados » (id. : 90).

Fig. 2 : Ados, en horticulture (Larousse agricole, 1921)
Fig. 3 : Ados agricole, en coupe et en perspective (Maison Rustique du XIXe siècle, 1844 : 83)

Ados désigne ainsi deux choses différentes, dans deux domaines différents :

la différence entre ados horticoles et agricoles étant soulignée par la recommandation fréquente d’axer les seconds suivant une direction nord-sud, pour qu’il n’y ait pas un côté au soleil plus précoce et un au nord plus tardif.

La Quintinie ne donnant pas de dessin, en voici tirés d’œuvres plus récentes :

Comment un même mot peut-il désigner des choses aussi différentes ?

Selon les dictionnaires (Quemada et al., 1983 ; Rey, dir, 1992 & 2005), ados vient du verbe adosser, dans deux acceptions légèrement différentes : « appuyer son dos (…) en parlant d’une personne et, par analogie, d’un bâtiment » ; « son participe passé adossé est adjectivé avec le sens de mis dos à dos en héraldique ».

Fig. 4 : L’ados de la planche

La première a donné l’ados horticole, asymétrique = dos au mur pour regarder le soleil.

La seconde a donné l’ados de la planche) (fig. 4[1]) = au milieu (et au départ de la construction) de celle-ci, deux tranches de labour appuyées l’une contre l’autre[2] (idem pour l'ados du billon : « On conçoit que la charrue à reversoir opère le labour, d'abord en poussant deux raies l'une contre l'autre, qui forment l'ados (…) Si on se rappelle ce qui a été dit plus haut, on concevra que, dans une planche de quatre tours de charrue, il y a huit raies, dont celles des rives sont fort basses, & les deux de l'ados sont très hautes » (Duhamel du Monceau, 1762 : 474 & 480) ; « L’ados du billon est sa partie la plus élevée, celle où deux tranches de terre ont été appuyées l'une contre l'autre. » (Crud, 1811 : 63, voir annexe A).

fig. 5 : D’où vient le mot ados ?

Mais, pour l’ados agricole en son entier, la littérature fournit une autre étymologie (fig. 5). Pour La Quintinie, ados est en agriculture synonyme de dos d’âne et dos de bahut. Dos d’âne (dos d’asne, dodanes, dodenne…) désignait alors depuis trois siècles le talus formé par la terre retirée d’un fossé (Dictionnaire du Moyen Français), et bahut un coffre ou arche à couvercle bombé.

« Dos, dos de bahu, ou dos d’âne sont des termes fort usités dans le Jardinage, on dit il faut mettre cette terre en dos de bahu, c'est-à-dire élever cette terre en forme d’une rondeur presque plate, de telle manière qu’elle représente le couvercle d’un bahu, & cette manière de mettre des terres est merveilleuse pour faire égoutter les eaux, & surtout dans les terres humides, on dit aussi dos de carpe par rapport à la manière d’élever les terres dans les plates-bandes des parterres » (Liger, 1703 : 108). « On laboure à plat, uniment & également les terres qui (comme dans l’Ile de France) ont besoin de l’arrosement des pluies. Au contraire on laboure en talus & en dos d’âne à seillons hauts & élevés les terres argileuses, les humides, & généralement toutes celles qui n’ont pas besoin d’eau ou qui sont difficiles à se dessécher » (Liger & B, 1721 : 526) ; « ADOS est une élévation de terre en forme de dos de bahut, plus large du bas que du haut. C’est aussi tout endroit qui par sa nature est à couvert des mauvais vents & des gelées, lequel est adossé d’un mur ou d’un bâtiment, & qui a le soleil en face. Voyez DOS DE BAHUT. (…)Bahut est un coffre qui a une élévation en-dessus, & qui va en inclinant des deux côtés. On appelle dos de bahut en jardinage, soit une allée, soit un carré, soit une planche, qui sont bombés, ou élevés dans le milieu, & qui vont en diminuant des deux côtés. Voyez DOS D’ANE. (…) DOS D’ANE ; c’est une élévation de terre plus haute dans le milieu que des côtés. Voyez DOS DE BAHUT » (Schabol, 1767 : 3 ; 42-43 ; 168).

On trouve ces expressions dans leur emploi agricole dès le XVIe siècle :

« …car à la Brye où sont les terres glaizes & humides, (…) on labeure en talut & comme en dos d’asne : & tient on entre cinq rayons un seillon plus large dressé, aussi en talut pour recevoir les eaux, tant de la pluye que du dessoubs du gueret qui est toujours humide (…) » (Estienne, 1565 : 100r).

Elles sont aussi employées :

  • pour décrire certaines platebandes ou certains billons : « On doit mettre tout le terrain en platebandes larges de 24 pieds, relevées d'un pied & demi en dos d'âne dans leur milieu plus que dans les fonds, le tout pour donner plus de facilité à l'écoulement des eaux autour des plantes » (Alletz, 1760, article Haricots) ; « ce qui donne au billon une forme très régulière en dos-d'âne » (Duhamel du Monceau, 1762, t. 1 : 145-146 ;
  • ou carrément comme synonymes de billon et de sillon : « … labourer en billons, c’est-à-dire, quand on veut élever une éminence en dos d’âne (…) ce qui donne au billon une forme en dos d’âne très-régulière » (Duhamel du Monceau, 1750 : xvii, texte copié par Alletz, 1760, t. 1 : 211) ; « Labourez en talus, à dos d'âne, & en sillons hauts, les terres argileuses & humides » (Diderot, 1751)...

Dans la suite de cet article, nous ne traiterons que des ados agricoles.

Billon, billonner

« Le billon est une éminence formée par la Charrue, & qui est bordée de deux sillons » (Alletz, 1760, t. 1 : 211). Duhamel du Monceau (1750 : xvii-xviii) donne aussi le verbe billonner : « une charrue faite exprès, qu’on nomme à billonner, elle n’a point de coutre, mais un soc long & étroit avec deux grands versoirs fort évasés du côté du manche de la charrue, & échancrés en-dessous, de sorte que cette charrue fait par la pointe un coin qui ouvre la terre, le milieu des versoirs la renverse sur les côtés, & leur extrémité la plus évasée & échancrée aplanit cette terre, ce qui donne au billon une forme en dos d’âne très-régulière ». Notons qu’ici Duhamel du Monceau, comme plus tôt La Quintinie pour ados, ne crée pas un mot nouveau, mais en emploie un d’usage courant à son époque.

Fig. 6 : Tranches de labour dans la construction d’un billon (Sigaut, 2005, d’après Leclerc-Thoüin, 1843 : 186). La ligne tiretée indique l’emplacement des billons précédents.

Billon vient, par ressemblance de forme, de bille quand ce mot désigne un morceau de tronc d’arbre (Rey, dir., 1992). A priori, donc, un billon a le dos rond… On est donc surpris que Joigneaux & Moreau (1854), après avoir parlé de « billons en ados », affirment que « les billons plats valent mieux que les billons bombés, même dans les terrains humides et argileux. (…) Il y a des billons plats et des billons bombés. Ceux qui sont plats conviennent aux terrains secs et légers, qui n'ont jamais à souffrir d'un excès d'eau » (t. 1 : 29 & 163). De « planches bombées » en « billons plats », les mots semblent se vider de leur sens ! A moins qu’une différence entre planche et billon réside dans les bandes de labour, à peu près égales dans les planches (fig. 1), et inégales dans les billons (fig. 6) :

Duhamel, et Alletz qui le copie, indiquent que c’est dans les terres sableuses qu’on doit labourer en billons avec la charrue à billonner : « cette façon de labourer n’est praticable que dans les sables ; une telle charrue corroierait les terres argileuses, dans lesquelles même le soc aurait peine à s’ouvrir un passage. » Y aurait-il donc, entre ces modelés du sol, ressemblance de forme, mais différence de fonction ?


En fin de compte, quelles différences ? De la largeur à la durée.

Selon Angran de Rueneuve (1712 : 102-107), il faut faire des sillons (qui peuvent être larges de quatorze pouces (35 cm) à douze pieds (3,6 m)) dans les terres humides et grasses, où les eaux s’« imbibent » (infiltrent) difficilement ; des planches bombées dans les terres où elles s’imbibent vite ; et labourer à uni (à plat) dans les plus séchantes.

Fig. 7 : Différents modelés des champs, d’après Hénin et al., 1960 : 239). A = ados large B = ados étroits ou planches bombées C = billons

Mais, pour beaucoup d’auteurs, la différence entre ces mots tient à la largeur de ce qu’ils désignent.« … si l'on veut faire, dans les terrains très sujets à retenir l’eau, les planches très étroites, ce qu'on appelle des billons (…) il faut, autant qu'on le peut, préférer les planches aux billons pour employer le terrain avec plus d'avantage ; car le fond des sillons ne produit rien » (Duhamel du Monceau, 1762 : 135 & 145). « La largeur et la hauteur des billons sont très variables, Dans beaucoup de localités le billonnage est fait à l'aide de quatre bandes de terre, comme dans l'Anjou, le Poitou, le Limousin, etc. ; ailleurs, dans la Lorraine, la Brie, etc. par exemple, les billons ont l'aspect de petites planches et ils sont formés de dix, douze bandes et quelquefois davantage. Ces derniers ados sont préférables aux premiers. » (Heuzé, 1891, t. 1 : 67, voir annexe A).

Fig; 8 : Billons sur ados (Hénin et al., 1960 : 238)


Pour l’usage actuel, nous retiendrons ce classement selon les largeurs, représenté sur la figure 7, tirée du livre Le profil cultural (Hénin et al., 1960).


Or à la largeur est associée la durée : les billons sont détruits à chaque labour qui en fait de nouveaux à la place des raies, et vice-versa (fig. 5), selon la modalité très générale « s’il faut billonner, on refend les billons du labour précédent pour remplir les sillons, & les nouveaux sillons se trouvent où étaient les anciens billons » (Duhamel du Monceau, 1762 : 138) ; tandis que les larges ados, construits petit à petit par les labours successifs sur plusieurs années, sont pérennes. A la différence « billons étroits » / « ados larges » se superpose donc celle « billons temporaires » / « ados pérennes ». C’est ainsi qu’on pouvait trouver des billons (étroits et temporaires) sur des ados (larges et pérennes) (fig. 7). :

La photo de la figure 8 est assez explicite pour ne pas avoir besoin de commentaires. Paillet (2005 : 82) reproduit à peu près la même, sous un autre angle, sans y reconnaître la présence d’ados… le mot même étant absent de l’ouvrage.

Nous avons repris cette relation pour les ados précolombiens de l’Altiplano du Pérou et de Bolivie (Garaycochea et al., 1992 ; Morlon, 2018 ; voir annexe B), sachant que dans leur cas ils n’ont été pas construits avec un outil attelé (charrue ou araire), mais avec une sorte de bêche, la chaquitaclla.

Autres langues

Pour les ados ou billons, l’anglais emploie plusieurs expressions : les générales sont cultivation ridges ou ridged field, qui ne sont que morphologiques, ou raised field, qui renvoie aussi implicitement à la fonction ; lazy bed désigne une façon traditionnelle en Irlande (Bell & Watson, 2007).

En espagnol, la planche (plate, par définition) est tabla, comme pour le bois. L’ados ou le billon est en Espagne caballón (de caballo, le cheval) et en Amérique du sud camellón (de camello, chameau ou dromadaire), correspondant au français dos d’âne. On trouve aussi campos elevados, transcription de l'anglais raised fields.

Portugais : montículos, camalhões, campos convexos.


Pour les emplois historiques ou locaux dans diverses langues européennes, voir l’annexe C.

Références citées

  • Académie française, 1694. Dictionnaire. Paris, 2 t. Texte intégral et Texte intégral sur le site de l'ATILF.
  • Alletz P.A., 1760. L’agronome, ou dictionnaire portatif du cultivateur contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les Biens de la Campagne, & les faire valoir utilement ; pour soutenir ses droits, conserver sa santé, & rendre gracieuse la vie champêtre. Veuve Didot et Veuve Damonneville, Savoye, Durand, Paris, t. 1, 666 p. ; t. 2, 664 p. Texte intégral sur le site de l'Université de Lille 3]. Réimpression 1761, Liège et Francfort, en Foire.
  • Angran de Rueneuve, 1712. Observations sur l'Agriculture et le Jardinage, pour servir d'Instruction à ceux qui désireront s'y rendre habiles, t. 2. Paris, 406 + 25 p.
  • Bell J., Watson M., 2007. Ados en Irlande depuis le XVIIIe siècle. In : Bourrigaud R, Sigaut F., dir, Nous labourons. Actes du colloque « Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas », 25-28 octobre 2006. Centre d’histoire du travail, Nantes : 201-208.
  • Bibliothèque britannique, Vol. 1, 1796. (M.A & C. Pictet, F.G. Maurice, eds). Genève, Imprimerie de la Bibliothèque Britannique, 515 p. Texte intégral sur HathiTrust.
  • Bixio A. (dir), 1844. Maison rustique du XIXe siècle. T. 1, agriculture proprement dite. Librairie agricole, Paris, 568 p. Texte intégral sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon.
  • Casanova A.M., 1861. Manuel de la charrue. La Maison rustique, Paris, 176 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Chancrin E., Dumont R. (dir.), 1921-1922. Larousse agricole. Encyclopédie illustrée. Paris, t. 1, 1921, 852 p ; t. 2, 1922, 832 p. [1]
  • Crud, 1811. Note du traducteur, dans Thaër [1811] 1814.
  • Dictionnaire du Moyen Français [2]
  • Diderot, 1751. Article Agriculture, in Diderot D., d’Alembert J., dir, Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, t. 1 : 186. Texte intégral sur le portail de l'ATILF.
  • Duhamel du Monceau H.L., 1750. Traité de la culture des terres, suivant les Principes de M. Tull, Anglois. Vol. 1, Paris, XXXVI + 488 p. + figures. Texte intégral sur Gallica.
  • Duhamel du Monceau H.L., 1762. Éléments d’agriculture. Paris, Guérin & Delatour, t. 1, 499 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Duhamel du Monceau H.L., 1779. Éléments d’agriculture. 2de édition corrigée & augmentée. Paris, veuve Desaint.
  • Estienne C., 1565. L’agriculture et maison rustique. Paris, chez Jacques du Puis, 155 feuillets + Epistre + tables. [3]
  • Garaycochea I., Ramos C., Morlon P., 1992. L’archéologie appliquée au développement agricole : la reconstruction des ados précolombiens. In : Morlon P. (coordinateur). Comprendre l'agriculture paysanne dans les Andes Centrales (Pérou-Bolivie). INRA Éditions : 243-255.
  • Hénin S., Féodoroff A., Gras R., Monnier G., 1960. Le profil cultural. Principes de physique du sol. Paris, Société d’Éditions des Ingénieurs Agricoles, 320 p.
  • Heuzé G., 1891. La pratique de l’agriculture. Paris, La Maison rustique, t. 1, 351 p.
  • Joigneaux M.P., Moreau C., 1854. Dictionnaire d’agriculture pratique. Bruxelles, H. Tarlier, 832 & 688 p.
  • La Quintinie J.B., 1690. Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. Tome 1 : viii + 523 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Larousse Agricole, 1921 et 1922. Voir Chancrin et Dumont. T1, 852 p. [4]
  • Leclerc-Thoüin O., 1843. L'agriculture de l'Ouest de la France étudiée plus spécialement dans le département de Maine-et-Loire. Bouchard-Huzard, Paris, 521 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Liger L., 1703. Dictionnaire général des termes propres à l’agriculture. Paris, 377 p.
  • Liger L. et B., 1721. La nouvelle Maison rustique, ou Économie générale de tous les biens de campagne… 3e édition, t. 1.
  • Maison rustique du XIXe siècle, 1844. Voir Bixio (dir).
  • Morlon, 2018. Questions d’un agronome sur les ados ou champs bombés précolombiens du bassin du lac Titicaca (Pérou et Bolivie). In : Zones Humides et Archéologie, VIe Colloque International du Groupe d’Histoire des Zones Humides. Revue Scientifique Bourgogne-Franche-Comté Nature, Hors-série 16-2018 : 169-176.
  • Paillet A., 2005. Archéologie de l’agriculture moderne. Errance, Paris, 288p.
  • Picard (abbé), 1844. L’agriculture raisonnée, ou Manuel complet spécial du cultivateur dans les Deux-Sèvres et Départemens de l’Ouest. Niort, xii + 454 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Pictet de Rochemont C., 1801. Traité des Assolemens, ou de l’art d’établir les rotations de récoltes. Paschoud, Genève, 285 p.
  • Préservatif contre l’agromanie, ou l’Agriculture réduite à ses vrais principes, 1762. Paris, Hérissant, 197 p. 'Auteur : L.B. Desplasses ou Desplaces). [Sur GoogleBooks]
  • Quemada B. (dir), 1983. Trésor de la Langue Française. Dictionnaire de la langue du XIXe et du XXe siècle (1789-1960). CNRS, Paris, Texte intégral sur le site de l'ATILF.
  • Rey A. (dir), 1992. Dictionnaire historique de la langue française. Dictionnaires Le Robert, 2 vol., 2387 p.
  • Rey A. (dir), 2005. Dictionnaire culturel en langue française. Le Robert, Paris, 4 t., 2388, 2396, 2392 et 2439 p.
  • Schabol R., 1767. Dictionnaire pour la théorie et la pratique du jardinage et de l’agriculture, par principes, et démontrées d’après la Physique des Végétaux. Paris, LXXVIII + 531 p. Texte intégral sur Gallica.
  • Sigaut F., 2005. Labourer, pour quoi faire ? In : dossier de documents préparatoires contenu dans le DVD accompagnant l’ouvrage : Bourrigaud R, Sigaut F., dir., 2007. Nous labourons. Actes du colloque « Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas », 25-28 octobre 2006. Centre d’histoire du travail, Nantes, 400 p. + DVD.
  • Thaër A. von, [1811] 1814. Principes raisonnés d’agriculture. Traduction de EVB Crud, t. 3. Paschoud, Paris & Genève, 357 p. Texte intégral sur Gallica.
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  • Source
  • l’ados de la planche pouvait aussi être formé de quatre raies de labour, les deux extérieures adossées sur les deux intérieures(voir Duhamel du Monceau, 1762, pp. 472-483).