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C de Lihus 1804 Principes d'agriculture et d'économie - Ch6 P3

De Wicri Agronomie
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Principes d'agriculture et d'économie
Table des matières
Préface p. v
PARTIE I
Chapitre 1 p. 1
Chapitre 2 p. 10
PARTIE II
Amontement p. 51
PARTIE III
Mois de mai p. 79
Mois de juin p. 118
Mois de juillet p. 140
Mois d'aoust p. 152
Mois de septembre p. 196
Mois d'octobre p. 223
Mois de novembre p. 252
Mois de décembre et janvier p. 272
Mois de février p. 280
Mois de mars p. 294
Mois d'avril p. 312
Conclusion p. 328
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TROISIÈME PARTIE.


TRAVAUX AGRICOLES DE CHAQUE MOIS.


[223] MOIS D'OCTOBRE.

Dans les champs la semence est-elle déposée,
Il la couvre à l'instant, sous la glèbe écrasée.
Georg. Del. l. I.[1]

Telle est la condition du cultivateur, qu'à peine a-t-il récolté, qu'il faut confier à la terre la semence qui doit enrichir ses greniers neuf mois après. Qu'il est intéressant pour lui ce moment qui, en mettant fin aux travaux préparatoires, décide en même tems de leur succès ! Jusqu'alors il a pu réparer l'intempérie des saisons, ou une culture négligée ; mais les semences une fois terminées, il lui faudra presque tout abandonner à la nature. Octobre est donc, pour le cultivateur, un mois de peine et de fatigue ; il a toutefois aussi ses charmes. Si, comme Août, il n'offre pas le spectacle riant de voitures qui gémissent sous le poids des gerbes, il réjouit l'œil attentif par cette agréable verdure dont il couvre les terres avant qu'elles soient toutes semées. On ne peut même regarder sans plaisir cette activité de charrues et de herses qui recouvrent le blé derrière le semeur, et rendent la terre aussi unie que le jardin le mieux peigné. Puisse ce spectacle [224] intéresser tellement le maître du champ, qu'il s'en éloigne le moins possible ! Quelques momens de négligence lui seraient trop préjudiciables pour qu'il se les permette. Venons au détail, et traitons les semences avec l'étendue et l'attention qu’elles méritent.

Du moment de semer.

Il faut semer plutôt ou plus tard, selon que la terre a plus ou moins de chaleur naturelle ; une terre froide veut être semée de bonne heure, et je connais des cantons où l'on sème à la mi-Septembre, tandis que dans d'autres on ne sème qu'en Novembre. Il faut donc consulter le climat dans lequel on vit ; mais néanmoins semer toujours des premiers, c'est-à-dire, que si l’on sème en Octobre, commencer les premiers jours et avoir fini le 18 ou le 20. Virgile disait avec raison, sere nudus[2]. Des blés semés de bonne heure, et qui ont pris du pied avant les frimas et les gelées, résistent bien davantage aux rigueurs de l'hiver, ou à l'abondance des pluies. Cependant, les terres qui n'ont pas beaucoup de fond, ne doivent pas être semées trop tôt, parce qu'elles poussent alors trop abondamment l'hiver, et qu'ensuite le blé se déchausse et se détruit. D'après toutes ces considérations, je crois [225] pouvoir fixer les semences, pour juste milieu, au premier Octobre.

Diverses méthodes de semer.

Il y a deux manières de recouvrir la semence, à la herse ou à la charrue ; la première est seule pratiquée dans les pays où l'on emploie les fortes charrues ; là, on recouvre tous les grains à la herse, sur un labour donné depuis plus ou moins de tems, suivant l'usage ou les circonstances. Les deux méthodes sont employées dans les pays où la charrue à tourne-oreille est seule en usage : la nature de la terre, sa préparation, le plus ou moins d'humidité du tems en déterminent le choix, qui n'est pas d'une petite conséquence : telle terre où la semence eût prospéré à la charrue, produit très-peu parce qu'elle a été semée à la herse. Et voilà la bizarrerie de la nature et des hommes, que dans certains pays toutes les terres sont semées à la herse, sans qu'on paraisse avoir sujet de s'en plaindre, ou plutôt sans qu'on pense à changer quelquefois de méthode ; tandis que, dans d'autres, certaines terres exigent impérieusement une des deux manières, et que les cultivateurs établissent entr'elles une énorme différence. Ces deux manières s'appellent, dans ma contrée, semence au binot et à la herse ; le binot, c'est recouvrir du blé semé sur une terre [226] (labourée au moins trois fois), avec une charrue dont on ôte le coutre, et à qui l'on fait prendre une plus grande raie que dans le labour ordinaire ; ce binot est rabattu ensuite par la herse, qu'il suffit ordinairement de passer une fois. La semence à la herse consiste, comme nous l'avons dit tout-à-l'heure, à herser deux fois du blé semé sur un labour qui doit être au moins le quatrième.

Semence de seigle.

Le seigle est le premier grain qu'il faut semer ; mais il faut choisir un tems sec, car l'humidité lui est contraire ; et j'ai souvent vu du seigle semé dans une terre humide ou imbibée ensuite de la pluie, pourrir en terre et ne pas lever. Le seigle se sème ordinairement à la quantité de cent vingt pesant par arpent. Jamais on ne le chaule, il faut seulement choisir une semence bien mûre et un grain bien nourri ; il faut aussi en retirer l'ivraie et autres mauvaises herbes qui pourraient s'y trouver, et qui ont une fécondité bien malheureuse pour les terres où on les sème. Le seigle ne veut pas être enterré fort avant, ni être comprimé et tassé dans la terre ; il faut donc lui donner un binot très-léger, et ne pas le rouler ensuite : avec ces précautions, le seigle réussira presque toujours dans les terres mêmes les plus médiocres. [227] Tout lui est propre, il vient également dans les terreins sablonneux et crayeux, mais seulement moins abondant que dans de bonnes terres. Il faut même avoir soin de ne pas le semer dans des sols trop gras ou trop forts ; car alors il devient si élevé et si épais, qu'il y verse avant sa maturité, comme je l'ai vu plusieurs fois ; ce qui arrive plus rarement au froment, qui, étant plus tardif, ayant un tuyau plus fort, et ne s'élevant jamais si haut, n'est pas sujet à verser, ou ne verse pas longtems avant sa maturité.

Dans les cantons où il n'y a que de bonnes terres, on ne sème du seigle que pour en tirer des liens ; sous ce point de vue seul, il est intéressant de prendre tous les moyens possibles pour qu'il soit semé dans un moment favorable, car le gluys est une richesse pour le cultivateur qui récolte beaucoup, et il doit proportionner la quantité de seigle qu'il sème, au besoin qu'il a de liens. Le seigle, il est vrai, est moins cher que le blé, mais on en est dédommagé par la plus grande quantité de grains, le seigle rendant un sixième de plus que le blé. D'ailleurs, de quelle ressource n'est-il pas pour mêler avec du blé dans des années de disette, ou dans celles où le blé n'est pas sec ?

[228]

Différentes qualités de blé.

Il faut choisir, pour semer, la meilleure qualité de blé nouveau[N 1][C 1], le plus gros, le plus net, le plus mûr, et avoir soin qu'il n'y ait pas d'herbes ; la couleur du blé n'est pas même indifférente. Les anciens rejettaient celui qui était trop blanc, et préféraient celui qui était de couleur d'or, et qui, cassé sous la dent, conservait la même couleur dans son intérieur. Il est quelquefois avantageux de changer sa semence, surtout lorsqu’on s'apperçoit qu'elle dégénère ; mais il faut toujours la tirer de pays plus septentrionaux, plus froids et moins fertiles que ceux qu'on habite. Celle d'un pays plus fertile ne réussirait pas, comme je l'ai éprouvé plusieurs fois, ayant semé trois ans de suite du blé de Beauce, qui est très-mal venu ; tandis que du blé de pays septentrionaux a parfaitement réussi. J'ai même employé, avec assez de succès, du blé de Pologne.

De trois en trois ou de quatre en quatre ans,
De remuer la semence il est tems ;
Et si poursuit le bien de ce ménage,
Sur tes voisins gagneras l'avantage.
(Oliv. de Ser.)[3]

La qualité du terrein décidera ensuite s'il faut [229] semer le blé plus ou moins pur. Le froment ne doit se mettre que dans de bonnes terres, ou dans celles qui, quoique caillouteuses, ont beaucoup de fond. Pour les terres froides et plates, je ne les crois pas propres au blé pur, qui s'y perd l'hiver, et y souffre trop de l'intempérie des saisons ; je ne le crois pas non plus convenable à des terres à cailloux, sujettes à la sécheresse ; car alors, comme il est toujours beaucoup plus tardif, si la sécheresse et les chaleurs dominent avant qu'il ait pris beaucoup de pied, et même avant qu'il soit épié, il arrive presque toujours qu'il ne tale pas, et que la moitié périt faute d'humidité. Au contraire, dans les bonnes terres, ou il conserve toujours de l'humidité, il croît malgré la chaleur, s'étend et se fortifie au milieu des plus grandes sécheresses.

En général, le blé qui réussit le mieux et est le moins sujet à manquer, est le blé-muison, c'est-à-dire, quart seigle, qu'on sème en mettant un douzième de seigle dans de pur froment, cette quantité étant suffisante, parce que le seigle produit plus que le blé. Cette espèce de blé souffre beaucoup moins de la gelée, n'est jamais miélé, est rarement sujet à la nièle, et vient même plus abondant. Le seigle empêche l'herbe de dominer, parce que, croissant plus promptement que le blé, il étouffe les plantes parasites qui veulent [230] lui disputer le terrein, conserve au blé son humidité dans les grandes sécheresses, à cause de son élévation, et lui sert, pour ainsi dire, de protecteur.

Pour avoir du blé-méteil, c'est-à-dire, moitié seigle, il faut semer le seigle dans la proportion d'un sixième. Il y a souvent beaucoup d'avantages à semer cette espèce de blé, qui fournit beaucoup de gerbes, et rend encore plus en grain. J'ai vu, plusieurs années, le blé-méteil donner un sac avec trente gerbes, tandis qu'il en fallait près de quarante pour le blé pur. Or, il n'existe pas toujours cette différence de prix entre le blé pur et le blé-méteil, qui ne vaut jamais un tiers de moins, excepté dans les semences, où le blé pur est très-recherché. Supposons que le blé pur vaille 24 liv., le blé-muison vaut 21 liv., le méteil 17 à 18, le seigle 12 liv. ; voilà la juste proportion, proportion qui est entièrement à l'avantage du blé-méteil, quand le blé est cher, comme en 1801, où le blé pur valait 60 liv., le méteil 50 l., le seigle 45 liv. On peut juger par là de l'avantage qu'il y a à semer du blé-méteil, principalement lorsqu'il produit plus de gerbes, ce qui procure au cultivateur des engrais plus considérables. J'avoue cependant qu'on ne peut pas toujours semer du blé-méteil, comme, par exemple, dans les pays peu populeux, où le blé par conséquent [231] ne se vend pas, et où on ne trouve à se défaire que du blé pur, que les blatiers achètent pour la fourniture des villes. Il y a aussi des terres où le blé-méteil ne réussit pas bien, et où le seigle se perd à cause de la trop grande humidité de la terre ; alors il faut en mettre beaucoup moins, ou même ne mettre que du blé pur.

Chaulement.

Le blé doit être chaulé avant que d'être semé ; or, voici le procédé à suivre : se procurer d'abord de la chaux nouvellement faite, qu'on met aussi-tôt dans un tonneau défoncé, et qu'on couvre avec beaucoup de foin, afin qu'elle ne s'évente pas. On choisit ensuite pour le chaulage un endroit pavé qui ne serve qu'à cet usage, et qui soit planchéié, afin qu'il ne tombe pas d'ordures sur le blé. Cet endroit doit être le plus près possible de la maison, et renfermer le tonneau où l'on a déposé la chaux. Au moment où l'on veut chauler le blé, et lorsqu'il est porté à l'endroit destiné au chaulage, on remplit une grande chaudière d'eau de roussis, c'est-à-dire prise à l'égout du fumier. On fait bouillir cette chaudière qu'on porte toute bouillante sur le tas de blé, qui ne doit pas être de plus de deux sacs, et on y met de la chaux à peu près l'équivalent d'un gros melon. Si cette chaux est bonne et vive, elle fond [232] promptement dans l’eau bouillante, qui se répand avec abondance sur le blé. Alors, aussi-tôt qu'elle a fait son effet, on renverse la chaudière sur le tas de blé, qu'on s'empresse de retourner, en le faisant changer deux ou trois fois de place, pour qu'il soit également imbibé de chaux. Au bout de huit à dix heures, il est suffisamment ressuyé pour être semé, sur-tout si on le met dans un endroit où il y ait de l'air. Si on ne pouvait donner ce tems pour sécher, il faudrait alors l'étendre, pour qu'il fût plutôt sec. Telle est la manière la moins dispendieuse et la plus facile de chauler le blé. Elle est indispensable pour le préserver de la nielle, des insectes et des oiseaux : c'est une vérité si évidemment prouvée, que je ne m'étendrai pas davantage sur cet article. Je dois remarquer cependant que, pour donner plus de force au chaulage, on y ajoute avec succès, comme je l'ai éprouvé, de la fiente de pigeon, de poule, de mouton, de cheval et de vache, que l'on mêle tout ensemble dans la proportion de deux boisseaux pour deux sacs, dans un cuvier d'un quart de muid environ, où on les laisse fermenter trois jours, en ayant seulement l'attention de les remuer deux fois par jour. Lorsqu'on veut chauler le blé, on fait bouillir cette eau dans la chaudière à la place de roussis, on y joint de même de la chaux, et on suit le même procédé [233] que je viens d'indiquer. Si le mauvais tems empêchait de semer le blé quand il est chaulé, on doit, au bout de deux ou trois jours, le remuer de tems en tems, de crainte qu'il ne s'échauffe.

Manière de semer.

Le semeur prend une quantité de grain plus ou moins grande, dans une espèce de nappe qu'il passe autour de lui, et qu'il tient dans une main ; de l'autre, il prend le grain à poignée, en jettant sa main derrière l'épaule, et marchant d'un pas égal vers un jalon qu'il plante au bout de la pièce où il sème. Lorsqu'il y est arrivé, il retourne par le même chemin, en jettant du blé avec la main opposée, et marchant droit au jalon qu'il a eu soin de mettre en face du premier ; alors il recule ce jalon de trois pas, et retourne à l'autre, qu'il recule aussi de trois pas. L'essentiel est de semer le blé bien également. Pour cela, dit Pline, il faut que la main du semeur s'accorde avec son pas, et qu'il jette toujours sa poignée au même instant qu'il porte son pied droit en avant : c'est, ajoute-t-il, une sorte de talent naturel que tous les laboureurs n'ont pas dans le même degré de perfection.

Une attention que doit avoir aussi le semeur, c'est de prendre bien le vent, de manière qu'il favorise l'émission du grain, au lieu de la contrarier [234] et d'en rejetter une partie sur le semeur ; ce qui arrive dans les grands vents, malgré toutes les précautions qu'on peut prendre. Aussi je conseille de ne pas semer quand il fait de grands vents, dont l'inconvénient principal est d'envoyer le grain dans le champ voisin, à moins qu'on ne sème des domaines fort étendus, où il reste toujours l'inconvénient de jetter trop de blé dans certains endroits, tandis que, dans d'autres, il n'y en a pas assez.

Quantité de semence.

Il y a deux écueils également dangereux, et qu'il faut par conséquent éviter ; c'est de mettre trop ou trop peu de semence : en mettre trop, c'est étouffer le blé, qui n'a pas alors de place pour s'étendre, et ne pousse qu'un épi court et maigre ; en mettre trop peu, c'est diminuer sa récolte, sur-tout dans les années pluvieuses, où il se perd beaucoup de semence, et où elle se trouve suffoquée par l'herbe. Ordinairement on doit mettre par arpent cent cinquante livres pesant de blé sec et non chaulé ; car le blé chaulé augmente d'un quart, et il faut par conséquent augmenter aussi d'un quart en sus. Voilà la règle générale ; ensuite il faut proportionner la semence aux terres qu'on emblave : il faut plus de semence dans les terres froides, aquatiques, dans les terres [235] argileuses, dans les trèfles et luzernes retournés, dans les plants d'arbres, dans des terres abritées par un bois ; il en faut moins, au contraire, dans les terres sablonneuses et légères, dans celles qui, quoique d'une bonne qualité, ne peuvent supporter un labour profond. Quand le tems est sec, il faut moins de semence que dans un tems pluvieux. Des terres grasses supportent plus de semence que des terres maigres, qui ne rapportent que des épioles lorsqu'on sème un peu dru, parce qu'elles n'ont pas assez de sucs pour vivifier toute la semence qu'on leur confie.

Les auteurs sont partagés sur la quantité de semence : Columelle veut qu'on sème clair dans les terres grasses, et assure que c'est le moyen d'avoir d'abondantes récoltes[4] ; Palladius, au contraire, exige plus de semence dans les terres grasses que dans les maigres ; Pline ne veut pas qu'on épuise la terre par tant de semence : segetem ne defruges[5]. Olivier de Serres conseille de ne point donner tant de semence à la terre maigre qu'à la grasse, la faiblesse de celle-là ne pouvant souffrir autant de charge que la force de celle-ci[6]. Valérius soutient le contraire, et prétend qu'il faut plus de semence dans les terres maigres[7].

La juste proportion de la semence est donc une question encore indécise parmi les savans : adhuc sub judice lis est. Néanmoins il me semble également [236] contraire au bon-sens de confier beaucoup de semence à une terre qui manque de substance nutritive, et à une terre grasse où tous les grains lèvent et prospèrent, parce qu'elle fournit abondamment à leur végétation. J'aimerais mieux dire : dans une terre grasse, mettez la quantité de grain qu'exigent votre sol et la saison, c'est-à-dire, la quantité ordinairement reconnue ; mais ne jettez pas dans une terre maigre plus de grains qu'elle ne peut rapporter, et par conséquent soyez plutôt au-dessous qu'au-dessus de l'usage ordinaire. A cet égard, l'expérience apprendra plus que les discussions les plus savantes, la décision desquelles appartenant à tout ménager, fera que la patience d'une couple d’années la résoudra, pour y prendre avis selon le naturel de son air et de sa terre[N 2][C 2].

Blé planté.

Voilà, je ne crains pas de le dire, un précepte bien judicieux. Qu'on m'appelle tant qu'on voudra,

Laudator temporis acti,
Horat.[8]

je soutiendrai toujours que nos anciens avaient plus de bon-sens que nos modernes, qui condamnent toujours les anciens usages et aiment à [237] en substituer de nouveaux. A les entendre, c'est un abus ridicule que de semer le blé, il faut le planter : on économise moitié de semence, et on double la récolte. Cela paraît bien beau ; je ne puis cependant penser comme eux : ce n'est pas que je ne condamne hautement la méthode ignorante de ceux qui croient récolter beaucoup en semant une grande quantité de grains. Je suis très-convaincu qu'un blé semé trop dru ne peut taler ; au lieu qu'un blé semé dans une juste proportion pousse quelquefois vingt rejettons et même plus. Je sais que la beauté de l'épi dédommage amplement de la moindre quantité de gerbes ; mais je ne conclus pas de là qu'on doive abandonner l'ancienne méthode, pour ne plus semer qu'au plantoir. Au surplus, je ne veux pas prononcer, mais seulement présenter les observations que j'ai faites en plantant du blé suivant les nouveaux procédés, et sur un terrein dont moitié a été semée, l'autre moitié plantée.

1°. L'économie de la semence est des trois quarts ; il y a donc un avantage réel à planter du blé quand la semence est rare. Le plantage exige, en revanche, des frais considérables, qui ne peuvent être balancés par l'économie du blé, que quand le pur froment vaut 36 francs ; car, pour planter un arpent de terre, il faut un homme et quatre enfans pendant trois jours, tandis que [238] l'ancienne méthode n'exige que quatre heures d’un seul homme et d'un cheval.

2°. Le plantage ne peut réussir dans les terreins caillouteux ou en pente, dans des terres argileuses ou humides, parce que l'outil ne pourrait y entrer ; les terres froides ou qui ont peu de fond lui conviennent peu, et on ne doit pas même l'essayer dans les terreins de mauvaise qualité.

3°. Cette opération exige un beau tems. Comment faire couler le blé, deux grains à deux grains, quand il pleut ou qu'il fait froid ? Quel dommage ne fait-on pas à la terre lorsqu'on l'y enfonce ?

4°. Le blé planté doit être semé beaucoup plutôt que l'autre ; il redoute les printems secs, parce que, ne couvrant pas la terre comme le blé semé, il sent plus l'impression de la sécheresse, et ne peut par conséquent taler. Il mûrit plus tard que le blé semé, ce qui le rend beaucoup plus sujet à miéler.

Telles sont mes observations, dont il sera aisé de tirer des conséquences justes, après l'expérience qu'on en fera sur son terrein.

Semence à la herse.

On ne doit semer à la herse que les bonnes [239] terres[N 3][C 3], les sols sans cailloux, dans lesquels le blé ne se déchausse pas, et qui ne sont sujets ni à se battre dans les grandes pluies, ni à conserver long-tems une eau stagnante : dans les mauvaises terres, comme les sablonneuses, crayeuses ou en côtes, il ne faut jamais semer à la herse : le blé y lèverait promptement ; mais aussi, comme il ne serait pas fort enfoncé dans la terre, il perdrait bientôt son humidité, et un hiver rigoureux le déracinerait au point de le faire périr. La semence à la herse exige aussi une terre suffisamment ameublie et sans herbes : elle ne doit pas être trop légère, pour que le blé ne s'y perde pas ; elle ne doit pas être trop dure, pour qu'il puisse être recouvert par la herse.

On sème sur-tout à la herse les terres à trèfle, quand on fait une seconde coupe ; alors on leur donne un labour profond, par un beau tems, pour détruire l'herbe et ses racines ; deux ou trois jours après, on les herse pour faner et faire périr l'herbe qui est restée en-dessus ; au bout de huit à dix jours, quand la terre est un peu affaissée, on la sème, et ensuite on la herse deux ou trois [240] fois, et même quatre, suivant le besoin, pour diviser la terre et l'applanir. Lorsque l'herbe d'une terre à trèfle est entièrement morte, on a beaucoup d'avantage à ne la semer qu'après la pluie ; ce qui contribue singulièrement à l'appesantir, et à lui ôter cette grande légèreté que l'art du cultivateur cherche quelquefois en vain à guérir.

Les terres qui sont sujettes à se battre, doivent être hersées avec plus de ménagemens que les autres, et il est bon de laisser quelques mottes, suivant les raisons que j'ai détaillées en Septembre.

Le tems de semer à la herse est depuis le 3 Octobre jusqu'au 15. Il faut choisir un beau tems pour cette opération, afin que la terre se travaille bien ; éviter, au contraire, de herser par de grandes pluies, ce qui ne fait presque jamais que de mauvais ouvrage, la terre s'attachant à la herse, dont l'opération est alors fort longue et quelquefois même plus nuisible qu'avantageuse. Au contraire, quand on est assez heureux pour rencontrer un beau tems, on a la satisfaction de faire beaucoup d'ouvrage, deux bons chevaux pouvant herser par jour dix arpens de terre, ce qui fait cinq arpens par attelage, en supposant qu'on passe deux fois la herse. Quelquefois le tems devient si mauvais durant les semailles, que [241] la charrue ne peut manier la terre, et ne fait que de la boue : c'est le cas alors, pour les terres franches, de les semer à la herse, aussi-tôt la cessation de la pluie ; quant aux terres argileuses et caillouteuses, je ne conseille de le faire qu'à la dernière extrémité.

Semence au binot.

Le binot est la méthode la plus sûre pour les terres froides ou d'une médiocre qualité ; il doit être plus ou moins profond, suivant la qualité de la terre. Quand une terre est bien fumée, sans cailloux et sans herbes, elle n'a besoin que d'un très-léger binot ; dans une terre caillouteuse ou enherbée, il faut le donner plus profond ; dans la première, pour donner plus de pied au blé ; dans la seconde, pour attaquer la racine de l'herbe. On donne aussi un binot plus ou moins profond suivant le tems ; s'il est humide et pluvieux, on le donne léger, parce qu'il suffit de recouvrir tant soit peu le grain, qui alors lève très-promptement ; s'il est sec, on le donne profond, afin que le grain rencontre une terre humide qui le mette à l'abri du froid et de la sécheresse. Il faut prendre moins de raie dans les terres caillouteuses et argileuses, qui sont d'une nature compacte et peu divisibles ; dans les terres franches, lorsqu'elles sont bien préparées et bien [242] meubles, on en prend davantage, ce qui avance beaucoup l'ouvrage, quoique cependant on en fasse aussi beaucoup en en prenant moins, parce les chevaux doivent alors aller plus vite.

Quand la terre est binotée, on la herse tout de suite, à moins qu'on ne diffère pour donner à l'herbe le tems de se faner, ce qui suppose toujours un beau tems ; car, pour peu qu'il soit douteux, il faut herser promptement, parce qu'en cas de pluie la terre deviendrait quelquefois si humide qu'on ne pourrait plus la herser.

De l’usage du rouleau.

Il y a deux sortes de rouleaux, le rouleau simple, et le rouleau composé ; le rouleau simple, fait en sorte de cylindre, sert à briser les mottes et à appesantir la terre ; l'autre, de même forme, mais revêtu de chevilles de bois taillées carrément par le bout, brise beaucoup moins les mottes et appesantit moins la terre ; mais aussi il tasse davantage le grain semé, parce qu'il fait absolument le même effet qu'un troupeau de moutons qu'on ferait passer sur une terre ensemencée. L'usage de ces deux rouleaux est donc bien différent : le premier ne doit guère s'employer qu'avant de semer, de peur d'unir tellement la terre, qu'elle ne se batte à la première pluie ; ce qui n'arrive pas lorsque le rouleau précède la [243] herse, qui, pour ainsi dire, relève la terre en bosse, en remettant au-dessus les mottes qui peuvent être restées. Ce rouleau réussit fort bien lorsque la terre se trouve trop légère, et sur-tout lorsqu'elle contient de grosses mottes, qu'une longue sécheresse a empêché de briser. Je l'ai employé, avec succès, dans un trèfle resté en pacage depuis Juillet, et labouré, pour la première fois, en Septembre, et où la charrue laissa des mottes très-grosses et trop dures, à cause de la sécheresse : je rendis la terre en bon état, en la hersant et la roulant alternativement quatre ou cinq fois. En général, c'est pour les trèfles que ce rouleau est le plus utile ; et le seul cas où on doit le faire succéder au binot ou au hersage, c'est lorsque les trèfles retournés se trouvent trop légers, malgré toutes les façons qu'on leur a données. On pourrait aussi l'employer quelquefois dans les terres qu'on sème à la herse, qui ne se trouvent jamais si pulvérisées que celles qu'on binote.

Le rouleau à chevilles ne sert pas à briser les mottes, mais à comprimer médiocrement la terre et à tasser le blé : on l'emploie donc, avec succès, pour -les terres qui se trouvent trop légères après avoir été semées et hersées. Il est également utile, soit qu'on sème à la herse ou au binot, et a l'avantage de ne pas briser entièrement les [244] mottes, et par conséquent de ne pas unir trop la terre, mais seulement de la tasser légèrement : aussi est-il d'un usage plus fréquent que l'autre ; il est souvent très-utile et ne peut presque jamais être nuisible. J'en fis beaucoup usage en 1802, où une grande sécheresse avait rendu les terres extrêmement légères ; plusieurs cultivateurs me le demandèrent, et je m'applaudis beaucoup de l'avoir tiré du hangar où mes devanciers le laissaient pourrir depuis dix années.

Quelles terres il faut semer d’abord.

On doit commencer par les terres les plus enherbées, afin d'arrêter promptement les progrès de l'herbe, et ne pas attendre la saison pluvieuse pour semer : on doit penser ensuite à celles qui n'ont pas d'engrais, et sont plus tardives que celles où la semence est fortement activée par la chaleur du fumier ou du parc. Les terres destinées à mettre le parc sur le blé veulent aussi être semées de bonne heure, afin que les blés soient déjà un peu forts quand ils seront foulés par les moutons. Il faut de même semer les premières, les terres les plus froides, afin que les blés y soient forts avant la saison rigoureuse. Pour les terres légères et sablonneuses, il faut prendre garde de les semer trop tôt, de peur que le blé y levant promptement, ne prenne trop de hauteur [245] et de force avant l'hiver, et n'épuise trop tôt le suc de la terre.

Activité dans les semences.

Quand le tems est beau et la terre bien préparée, le cultivateur n'a pas un moment à perdre, et il apportera pour les semences la même activité et la même promptitude que pour la récolte. Ce n'est pas qu'un tems sec soit nécessaire pour semer le blé ; au contraire, l'humidité lui est souvent utile, selon ce vieux dicton picard : les avoines à la poudrette, et les blés à la marrette. Mais il vient quelquefois en Octobre des pluies si fortes, qu'il n’est pas possible de manier la terre, qui regorge d'eau. Pendant ce tems les terres les mieux préparées poussent de l'herbe, et demandent ensuite des soins que la saison ne permet pas de donner. Notre cultivateur, à qui je suppose toujours huit chevaux d'attelage, doit donc mettre sur pied, pendant les semences, trois charrues et une herse, qui, au binot, feront environ quatre arpens par jour, et à la herse vingt, en hersant deux fois. Un seul semeur pouvant semer aisément huit arpens par jour, suffira pour ses quatre attelages, en supposant qu'on sème la moitié des terres au binot. En destinant donc le premier charretier pour semer, il faut au cultivateur deux hommes de plus, qu'il aura sans grands frais ; car il ne faut pas pour les [246] semences des gens bien habiles, il suffit qu'ils sachent tant soit peu manier la charrue, parce qu'on place toutes les charrues dans la même pièce, à la même distance, sous l'inspection du deuxième charretier, qui met ces charrues à point, et examine de tems en tems si le labour n'est pas trop profond, ou la raie trop large. De plus, pour éviter la dépense, on apprend à l'homme de cour à binoter, et ainsi on n'a besoin que d'un homme qu'on occupe à herser ou à rouler le labour des trois charrues ; deux opérations extrêmement aisées, et qu'on peut confier au premier venu.

Si le tems est incertain, qu'on ne fasse semer que pour le besoin ; qu'on fasse aussi herser tout de suite, même à deux ou trois herses, si les circonstances l'exigent. Quand les pluies sont si abondantes que les terres se battent beaucoup, ou qu'on y enfonce trop (ce qui est également l'effet de la pluie), et que deux ou trois jours se passent sans qu'on puisse herser ce qui est binoté, alors il vaut mieux ne pas toucher à la terre, parce que le blé ayant déjà travaillé, ce serait gâter tout que d'y toucher. Quand même le blé n'aurait pu être binoté, il vaudrait encore mieux le laisser, si on s'appercevait qu'il commençât à germer, et il pousserait également bien, pourvu que les gelées ne vinssent pas trop promptement. Ne vous [247] alarmez donc pas si le tems vous empêche de recouvrir vos blés : la nature semble quelquefois se jouer de nos travaux, en donnant à ces blés plus de force qu'à ceux qu'on a arrangés avec le plus de soin. L'expérience m'a appris plus d'une fois qu'il fallait sans cesse travailler la terre, mais jamais s'inquiéter si les circonstances s'opposaient aux travaux que les règles ordinaires de l'agriculture ordonnent comme indispensables.

A tous ces soins que le cultivateur ajoute une surveillance presque assidue, afin que l'ouvrage se continue toujours avec la même activité. Quand le tems est beau, et qu'on a le monde nécessaire, les semences ne doivent pas durer plus de quinze jours, c'est-à-dire, environ deux semaines pleines. Il faut donc animer de sa présence, pendant ce court espace de tems, des travaux si intéressans ; c'est le dernier effort du cultivateur, le terme de ses fatigues. Qu'il ne se permette donc pas de rester tranquillement chez lui ou de s'absenter, tandis qu'on confiera à la terre l'espérance de la récolte future.

Fouir les arbres. – Fossés.

Qu'on n'oublie pas de fouir avec précaution les pieds d'arbres qui peuvent se trouver dans les terres ou le long des chemins ; cela est indispensable pour le blé, qui ne pourrait pas lever, et [248] pour les arbres, qui ont besoin de culture. On aura soin aussi de garantir de bonne heure, par des fossés, les terres qui bordent les chemins, qu'il faut toujours entretenir en bon état, pour conserver sa propriété. Il est bon encore quelquefois de pratiquer, en dehors des fossés, un petit chemin pour les gens de pied, qui, autrement, entrent avant dans les terres, lorsqu'il fait mou.

Récolte des pommes.

Aussi-tôt les semences finies, il faut penser, dans les pays à cidre, à faire hocher les pommes ; le mieux serait de les laisser tomber d'elles-mêmes, si on ne craignait qu'on ne les volât ; mais si on ne peut le faire pour les terres à champ, il faut au moins avoir cette précaution pour les endroits entourés de murs ou de haies. Après la mi-Octobre, les pommes ne tiennent guère aux arbres, et on les abat aisément avec des perches, en frappant doucement sur la branche, et faisant attention de ne pas briser la pousse de l'année suivante. Lorsque les arbres sont bien chargés, quatre personnes qui abattent les pommes, et deux enfans qui montent sur les arbres, pour faire tomber les fruits en appuyant sur les branches, suffisent pour entretenir pareil nombre de ramasseurs, qui, à la journée, peuvent donner vingt-six muids de pommes. Il n'est besoin [249] que de trois chevaux pour conduire à la maison cette quantité, au moyen d'un tombereau qu'on laisse toujours dans le champ, tandis que l'autre est en chemin.

Les pommes ramassées par tems de pluie ne se gardent pas. Qu'on choisisse donc un beau tems, et qu'on les dépose ensuite dans des endroits secs ou dans des herbages entourés de haies, où elles se conservent très-bien. Elles doivent être placées suivant leurs différentes espèces et l'usage qu'on veut en faire. Dans nos contrées, nous divisons les pommes en fruits doux et en fruits surs. Je n'en rapporterai pas les noms, parce que chaque canton a ses termes, et je n'ai trouvé dans Rozier[9], à l'article Pommes à cidre, aucune espèce qui portât le nom connu dans le pays que j'habite, quoique certainement nos espèces soient comprises dans la longue nomenclature qu'il en donne. Nous divisons aussi les poires en deux espèces : 1°. les douces, qui ne font que du cidre plat et sans couleur ; 2°. les piquantes, appellées carisis, qui servent à faire d'excellent poiré. D'après cela, on fera quatre divisions 1°. les fruits doux ; 2°. les poires pour le poiré ; 3°. les fruits surs ; 4°. les fruits mélangés de poires et de pommes pour le cidre commun[N 4][C 4].

[250]

Basse-cour.

Voici, en peu de mots, les soins qu'exige la basse-cour en Octobre : laisser les vaches aux champs, leur faucher la troisième coupe de luzerne, et si elle est trop courte, les y mettre deux heures le matin et autant le soir ; le matin après onze heures, et le soir à trois heures, de manière qu'elles en soient sorties à cinq ; ne les faire boire qu'une heure et demie après être rentrées, de peur que l'eau ne les fasse enfler, si une grande abondance de nourriture les y disposait : avec ces précautions, on tirera sans danger un grand profit des vaches, le regain de luzerne produisant d'excellent beurre. Mais j'interdis entièrement celui des trèfles ; quelque attention qu'on prenne, il n'arrive que trop souvent que les vaches y périssent, quelquefois même subitement. Cependant on a découvert, depuis [251] quelque tems, un remède que j'ai éprouvé moi-même ; c'est, aussi-tôt que la vache paraît enflée, de l'attacher dehors de l'étable, pour qu'elle respire librement ; lui mettre ensuite sur le corps un drap mouillé, qu'on imbibe de tems en tems, et lui faire un breuvage avec parties égales d'huile, de sel et de suie ; deux heures après, lui donner un lavement pour la faire vider.

Volailles.

On commencera à leur donner de l'orge mêlée avec de l'avoine, parce que c'est le tems de la mue, et que les premiers froids les empêchent de pondre, si elles ne sont bien nourries.

Notes

Notes originales et commentaires

Dans la suite de cette rubrique, sont associées (ligne par ligne) deux éléments complémentaires : les notes originales, telles qu'elles figurent dans l'ouvrage de Chrestien de Lihus (y compris lorsque la recherche montre des inexactitudes), et qui sont intangibles, et les notes additionnelles, issues des recherches effectuées pour compléter les informations lors de la mise en ligne ici, et qui peuvent être amendées par tout contributeur, à l'unique condition d'être précis dans les sources utilisées.

Notes originales (issues de l'ouvrage original) Notes complémentaires (du contributeur "wicrifieur")
  1. Olivier de Serres estime plus le blé nouveau que le vieux, qu'il dit être moins fertile.
  2. Olivier de Serres.
  3. On se rappellera que la distinction que je mets entre la semence à la herse et celle au binot, n'est que pour les pays qui emploient la tourne-oreille ; ce que je vais dire les regarde seuls.
  4. Il existe un Traité complet sur la Vigne et le Vin, mais on était encore à eu désirer un sur le Cidre, le Poiré, et la culture des arbres qui produisent ces liqueurs, dont on sent aujourd'hui tout le prix, même dans les pays vignobles. M. Dubois, Bibliothécaire de l'Ecole centrale du département de l'Orne, vient de remplir cette tâche d'une manière bien honorable pour lui et bien avantageuse au public, dans un ouvrage qu'il intitule modestement : Du Pommier, du Poirier, du Cormier, etc. 3 v. in-12.
  1. A voir.
  2. Le Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, lieu II, chapitre IV, p. 95 dans l'édition de 1617 (chez Saugrain, Paris). Texte intégral sur Googlebooks.
  3. A voir.
  4. A voir.

Notes additionnelles

  1. Les Géorgiques, de Virgile, traduction de l'abbé Delisle, livre I, vers 126-127. Texte intégral sur le site remacle.org.
  2. Vers 299 du livre I des Géorgiques, dont une traduction (site Juxta) est : "[Laboure et] sème tandis qu’un vêtement léger suffit à tes épaules". Traduction juxtalinéaire sur le site Juxta.
  3. Le Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, lieu II, chapitre IV, p. 93 dans l'édition de 1617 (chez Saugrain, Paris). Texte intégral sur Googlebooks.
  4. A voir
  5. A voir
  6. A voir
  7. A voir
  8. A voir.
  9. A voir.